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les paradis fiscaux et financiers

Les paradis fiscaux en bref

 

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Les paradis fiscaux : description

 

 

Les paradis fiscaux ou financiers sont les territoires qui se sont spécialisés dans la concurrence légale et/ou fiscale. Leur développement exponentiel depuis 20 ans a accompagné la mondialisation, sous le regard bienveillant des États riches. 

L'absence d'impôt et l'organisation de l'opacité financière qui va de pair (dans les paradis fiscaux), en particulier le secret bancaire et les structures juridiques en trompe-l'œil qui organisent l'anonymat (sociétés-écran, trusts, etc..), constituent le fonds de commerce de ces lieux qui cherchent à capter les capitaux fuyant les obligations légales ou de solidarité auxquels ils seraient soumis dans les pays démocratiques.

Ainsi, les gens fortunés y placent leurs avoirs et échappent aux impôts sur le revenu, sur la fortune et sur les successions. Les entreprises recourent fréquemment à des montages à base de filiales dont la fonction est, suivant le cas, de minimiser les bénéfices ou les charges, afin d'échapper à l'impôt sur les sociétés et aux obligations de transparence comptable vis à vis des actionnaires (ex. la société Enron).

Le barrage qu'ils présentent aux enquêtes fiscales et judiciaires sont une garantie appréciée des détenteurs de fonds. Corrélativement il met à l'abri de la justice tous ceux, mafieux, criminels, dictateurs, etc.. qui viennent y cacher le produit de leurs crimes, ou encore financer d'autres crimes.

 

Evasion fiscale suppose secret bancaire qui permet la délinquance financière

 

Aujourd'hui, au moins 80 pays ou simples territoires sous protectorat, sont saupoudrés à la surface du globe. Ce sont autant de points d'entrée pour l'évasion fiscale et le blanchiment. Ces places financières offshore sont de véritables supermarchés des services financiers, reliés aux grandes places boursières nationales sans lesquelles ils ne pourraient prospérer. 

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La finance sans loi

 

Dans la situation actuelle, tous les flux financiers se mélangent : l'argent sale, les fonds de l'évasion fiscale, et les investissements licites. Leur manque de traçabilité fait de l'espace financier international tout entier un espace de non-droit.

Concernant la lutte contre le blanchiment dont le volume est estimé à 1000 milliards de dollars, il existe un consensus international de principe sur la nécessité d'agir. Tout le monde est d'accord pour lutter contre la criminalité de type mafieux :  trafic de stupéfiants, d'armes, d'êtres humains, etc.. . ainsi que contre le financement du terrorisme.

Mais l'évasion fiscale et le blanchiment de l'argent du crime, bien qu'ils aient pour cause commune l'opacité de l'espace financier international, sont toujours délibérément traités de façon séparés. 

 

 

Évasion fiscale et blanchiment sont les 2 symptômes d'une même maladie qui a pour nom "opacité financière". Les états hésitent à s'attaquer globalement au mal , car ils ne veulent pas renoncer aux privilèges fiscaux accordés aux riches et aux entreprises multinationales. Les chances de réussite s'en trouvent dramatiquement réduites

 

 

Nous trouvons donc, dans cette logique, deux organisations bien distinctes et cloisonnées : le GAFI traite du blanchiment, l'OCDE de l'évasion fiscale.  

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Que font les états contre le blanchiment ?

 

 

Le GAFI, groupe d'action financière sur le blanchiment des capitaux, est l'organisme international le plus écouté sur le sujet. Son rôle officiel est la mise à niveau des juridictions de tous les états membres ou non membres afin de les doter des moyens légaux et organisationnels de la lutte contre le blanchiment. Ses 40 recommandations sont reconnues comme une référence. Sa liste noire des pays ou territoires non coopératifs (PTNC) est un bonnet d'âne pour ceux qui  sont épinglés. Malheureusement, on ne peut que constater son inefficacité, liée à ses faiblesses.

Les faiblesses du GAFI :

- il ne lutte pas CONTRE le blanchiment et agit uniquement au niveau des textes législatifs

- 8 paradis fiscaux sont présents ou représentés au GAFI, ce qui situe assez bas le niveau d'exigence

- Le GAFI n'a aucun moyen de contrôler la mise en place effective des dispositifs préventifs annoncés par les états

- Le GAFI est trop sélectif sur les pays à examiner et trop prompt à les enlever de sa liste noire (par exemple les Iles Caïman, le Lichtenstein ou la Russie n'y figurent déjà plus)

Il manque une véritable agence internationale de lutte contre le blanchiment, dotée des moyens financiers et techniques appropriés.

en savoir plus : site du GAFI

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 Que font les états contre l'évasion fiscale ?

 

 

En terme de volume, on estime l'évasion fiscale à 15 % des budgets des Etats riches (la situation pour les pays non développés est pire, en raison de l'importance des détournements de fonds publics). Forcés de reconnaître cette hémorragie mettant en péril leur fonctionnement même, ceux-ci  tentent depuis à peine 2 ans de définir une stratégie internationale pour l'endiguer. C'est l'OCDE, avec son comité des affaires fiscales, qui oeuvre principalement dans ce domaine. Mais les négociations se heurtent à des intérêts très différents, un certain nombre de membres étant eux-mêmes des paradis fiscaux. L'OCDE a diffusé en avril 2002 une "liste noire" des paradis fiscaux récalcitrants. Mais elle n'en retient que 7 sur les 74 recensés par l'ONU (Andorre, Monaco, Iles Marshall, Nauru, Liberia, Lichtenstein, Vanuatu). On peut s'étonner par exemple que la Suisse et le Luxembourg, qui sont les premiers à mettre des bâtons dans les roues du processus, échappe à cette mise à l'index obtenue aux termes de négociations peu transparentes. Remarquons que la France, qui "protège" Monaco et Andorre, se trouve elle-même mise en cause par cette dernière version de la liste noire.

en savoir plus sur la vision officielle des choses : site de l'OCDE (cherchez paradis fiscaux)

A son niveau, l'Union Européenne (U.E.) a tenté récemment de mettre sur pied un accord qui consisterait à échanger certaines informations de nature fiscale. Mais la présence de la Suisse en plein coeur de l'Union, bien qu'elle n'en fasse pas partie, a partiellement ruiné ces efforts : c'est un paradis fiscal concurrent considérable qui gère un tiers des fortunes mondiales. La Suisse refuse de collaborer avec l'U.E., mais les membres hésitent à recourir à des mesures de rétorsion à son encontre. Certains pays _ Luxembourg, Belgique, Autriche_ en ont tirent prétexte pour résister En conclusion, un accord boiteux a vu le jour, troquant  la levée du secret bancaire dans ces pays contre une taxe forfaitaire, dont le contrôle reste douteux.  Ceci donne la mesure de la difficulté de remettre en cause le secret bancaire en Europe même.

 

 

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la responsabilité des professions financières

 

Si les paradis fiscaux ont pu prendre autant d'ampleur, c'est autant à cause de la demande des détenteurs de capitaux que de l'offre en services financiers. En particulier les banques se sont disputées les meilleurs places pour capter cette clientèle très rentable, malgré les graves conséquences sociales qui en découlent, au côté des assureurs et des sociétés de bourse. Ainsi, l'activité bancaire constitue-t-elle souvent une bonne partie du PIB (produit intérieur brut) du paradis financier.

Il y a un véritable "marché de l'évasion fiscale". Les banques françaises ne sont pas en reste. La plupart des banques françaises sont implantées dans des paradis fiscaux , comme d'ailleurs la plupart des banques européennes. Voir notre dossier sur les banques

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