Attac-04

ou

La vie ordinaire d’un

 

 

 

Le texte qui suit a été rédigé à la demande du pôle territorial d’Attac-France.

Dans le cadre de ses analyses sur la progression du mouvement Attac, cette commission a répertorié Attac-04 dans ce qu’elle a appelé le « Top 12 » des comités les plus performants en termes de progression du taux de premières adhésions et de celui des renouvellements des adhésions.

À ce titre, notre comité a été invité à exposer son fonctionnement et ses activités. Dans le texte qui suit nous espérons y avoir, en plus, insufflé l’esprit qui nous anime : la collégialité.

Treize militants ont activement participé à sa rédaction. Leurs contributions ont été structurées selon le plan suivant :

 

 

Présentation générale

Création d’Attac-04

Fonctionnement du comité local

Le conseil d’administration

Le bureau

La gestion des adhésions et des abonnements

La gestion financière

Organisation par délégations

Les instruments du comité local

Les groupes de proximité

Groupe du Pays de Forcalquier

Groupe de Manosque

Groupe de Digne-les-Bains

Groupe de Château-Arnoux / Sisteron

Les groupes thématiques

Groupe Territoire et mondialisation/AGCS

La fanfare

Le comité de rédaction de Signes d’Attac

 

 

Les activités du comité local

Les débats publics

Les conférences-débats

La convivialité de l’accueil « tartines »

Les cafés-Attac

Les cinés-Attac

Les campagnes

Les OGM dans les villages

L’AGCS, une dynamique auprès des élus

Les opérations événementielles

La communication

Le mensuel Signes d’Attac

Le site Internet et la lettre électronique avec l’agenda mensuel

Le matériel de promotion

La fanfare

Les relations avec la presse et les médias locaux

Présence sur les marchés

Les partenariats

Le collectif Le monde n’est pas une marchandise

Le Forum social des Alpes du Sud

Les co-organisations avec nos voisins Attac-05 et Attac-Sud Luberon

Conclusions

 

 


Présentation générale

 

Alpes de Haute-Provence (04)

140 000 habitants

200 communes

L’un des 6 départements de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA)

Préfecture : Digne-les-Bains (17 000 habitants)

Autres villes importantes : Manosque (20 000 habitants), Sisteron (7 000 habitants)

 

Le département est essentiellement rural et agricole. Il vit avant tout de l’agriculture et du tourisme. Beaucoup de « néo-ruraux » dans les Alpes de Haute-Provence ou tout simplement des gens venus d’ailleurs chercher le soleil et le grand air : retraités ou travailleurs, avec ou sans enfants, plutôt issus de la fonction publique, des professions libérales ou du monde paysan.

Les adhérents d’Attac sont très souvent engagés aussi ailleurs (syndicats, partis, associations citoyennes, etc.). D’où une grande symbiose : on se connaît ou on connaît celui qui peut nous aider, nous renseigner. Les partenariats pour les grandes causes sont d’autant plus faciles à mettre en place même si c’est très souvent Attac qui fait office de locomotive.

Nous nous sentons très autonomes par rapport à Attac-France ce qui n’empêche que nous adoptons régulièrement les campagnes nationales. L’absence de lien hiérarchique nous convient parfaitement.

Notre comité local est essentiellement mis en œuvre par un noyau actif, voire très actif, d’une trentaine de militants entre le conseil d’administration et les groupes de proximité ou thématiques. L’aspect austère et peu flamboyant du travail à effectuer au sein d’Attac semble décourager surtout les jeunes. Cette classe d’âge ainsi que les milieux les plus populaires sont deux populations qui restent encore à explorer : une situation apparemment identique pour les Attac d’ailleurs en France.

 

Création d’Attac-04

par Jackie Boulaire

 

Au départ : une question d’amitié. C’était en 1999, Jackie et Henri ont pour ami Marc et ils échangent souvent sur les problèmes de société. Un jour Marc arrive avec des documents : une magnifique pochette toute en couleur représentant La Ciotat (13) ! Des amis à lui venaient de participer à une assemblée d’Attac à La Ciotat et lui avaient rapporté tout ce qu’ils avaient pu récolter.

À la lecture de ces documents, je suis restée « scotchée » : tout ce que je lisais « collait » à ma réflexion, à mes pensées du moment… Nous en parlons, et je lance l’idée que nous devrions adhérer à un tel mouvement et, surtout, le faire partager, car nous avons beaucoup de connaissances et nous pensons qu’ils en feront autant, de même que plein d’autres encore inconnus qui seront sûrement intéressés !

Je contacte donc Attac-France et, par téléphone, je raconte ma découverte et demande des conseils : on peut se mettre en rapport avec Attac-Marseille qui est déjà organisé. Ça tombe bien : je connais le président. Et nous voilà partis…

J’annonce par voix de presse qu’une réunion d’information sur Attac aura lieu le 1er avril 1999 à Forcalquier, aux Quatre Reines, lieu d’accueil privé, la mairie (RPR) nous ayant refusé une salle. Le président d’Attac-Marseille, avec un autre adhérent marseillais, nous rejoint. Il est convenu que c’est moi qui animerai la réunion et en rappellerai les circonstances. Stupéfaction !… Plus de 50 personnes sont là, certaines déjà adhérentes à Attac ! De Forcalquier, Limans, Digne-les-Bains, Niozelles, Sigonce, Pierrevert, Saint-Michel l’Observatoire, Reillanne, Saint-Étienne-les-Orgues, La Brillanne, Manosque, Volx, Dauphin, Fontienne, Quinson, Céreste, Estoublon…

Je précise de suite qu’il s’agit d’une réunion d’information sur ce nouveau mouvement, qu’à l’issue de cette rencontre, les participants décideront s’ils souhaitent une suite, une adhésion, une organisation… que je n’avais aucune intention de me mettre en avant.

Après trois heures de débat, Attac-04 naissait. Une vingtaine de personnes se détachaient pour exprimer l’envie d’aller plus loin, de créer une association loi 1901 et c’est le 21 avril que prit forme officiellement notre comité local ! Notre premier conseil d’administration était composé de 15 membres ; Dominique Bouchery était élu président, Gisèle Francou, trésorière, et moi, secrétaire.

Nos actions ont porté essentiellement sur :

-          les signatures des pétitions nationales et la diffusion de tracts et documentation sur les marchés de Forcalquier, Sisteron, Manosque et sur le marché du SEL (système d’échange local) ;

-          le partage et l’étude des différents dossiers d’Attac (taxe Tobin, fonds de pensions, etc.) ;

-          l’information auprès des élus (députés et sénateur) et l’invitation à les faire adhérer à Attac ;

-          la participation aux réunions du mouvement à Paris et dans la région PACA ;

-          la participation à une émission sur Radio-Zinzine sur les OGM ;

-          le développement d’Attac dans le 04 et le projet de faire adhérer des associations, des communes, des entreprises, etc. ;

-          l’organisation de conférences-débats ;

-          la participation à l’accueil des paysans indiens venus dans toute l’Europe, notamment, pour la réunion du G8 à Cologne.

Très vite aussi nous avons eu deux préoccupations majeures :

-          comment structurer Attac dans le département ? d’où la création des groupes de proximité,

-          comment impliquer nos élus pour que nos revendications remontent bien de la base (du local au global) ?

Notre intérêt pour l’expérience de Morsang-sur-Orge et ses applications concrètes aujour­d’hui dans notre département avec les zones hors AGCS montrent qu’en cinq ans nous avons fait déjà du chemin mais qu’il en reste encore autant sinon plus devant nous.

 

Fonctionnement du comité local

Le conseil d’administration

par Gisèle Francou

 

Dans les statuts de l’association, le nombre maximum d’administrateurs est 15 depuis l’assemblée générale constitutive de 1999. Ils sont renouvelables par moitié tous les deux ans.

Actuellement le conseil d’administration tourne avec 13 membres. Il se réunit tous les mois dans une salle mise gracieusement à notre disposition par la mairie des Mées (PCF). Les réunions ne se font pas à huis clos puisqu'au contraire elles sont publiques, ouvertes à tous (membres d’Attac ou non). Contrairement au fonctionnement d’un conseil municipal, il est, chez nous, fortement conseillé aux « invités » de prendre part aux débats, leur présence est donc active.

Par contre, en cas de vote, seules les personnes élues peuvent s’exprimer (ce cas de figure est très très rare puisque le consensus est privilégié).

Un relevé de décisions (et non pas un compte rendu des débats, trop fastidieux à rédiger autant qu’à lire) est systématiquement établi à l’issue de chaque réunion. Il est envoyé chaque mois par la voie de notre journal à tous les adhérents d’Attac-04.

Attention : casse-croûte obligatoire à la fin de chaque réunion de CA.


Le bureau

par Nicole Zammit

 

Idéalement, notre bureau (6 membres) se réunit une fois par mois juste avant la tenue du conseil d’administration (toujours au moins quatre personnes à chaque réunion). Il établit l’ordre du jour du prochain CA en discutant des problèmes actuels. L’aspect collégial du fonctionnement du bureau est primordial : il a, bien sûr, fallu élire un président, un secrétaire, etc., pour respecter les statuts, mais cela ne pèse pas sur le fonctionnement du bureau ni du CA. Il n’y a pas de hiérarchisation des avis et aucune décision n’est prise sans consultation des administrateurs ni sans leur accord. C’est un moment convivial, sincère et arrosé (avec sagesse).

Composition du bureau en juin 2004 : Jean-Pierre Pesce, président ; Josiane Dupérier, vice-présidente ; Dominique Bouchery, secrétaire ; Christian Baesen, secrétaire-adjoint ; Nicole Zammit, trésorière ; Michel Jacod, trésorier-adjoint.

 

La gestion des adhésions et des abonnements

par Christian Baesen

 

La gestion du fichier des adhérents est informatisée (base de données ClarisWorks). Les enregistrements de la base de données comprennent les informations fournies par Attac-France et celles nécessaires à la gestion des adhérents du comité local départemental.

Y sont mentionnés les dates d’adhésion et de renouvellement, les abonnements à Signes d’Attac, notre journal départemental, les responsabilités au sein d’Attac-04, l’appartenance à un groupe de proximité et, enfin, si l’information nous a été communiquée, l’appartenance à une organisation ou un parti.

Le fichier comprend en outre les adresses des organismes et des référents des organisations destinataires de Signes d’Attac à titre gratuit.

Il est à noter que, dans le cadre du respect de la loi Informatique et libertés, nous ne cédons pas notre fichier même à des organisations « amies ».

 

L’adhésion à Attac peut prendre les formes suivantes :

-          adhérent à Attac-France ;

-          adhérent à Attac-France et abonné à Signes d’Attac ;

-          adhérent à Attac-France et au comité local Attac-04 ;

-          adhérent à Attac-France et au comité local Attac-04, et abonné à Signes d’Attac ;

-          abonné à Signes d’Attac sans adhésion.

 

La campagne de renouvellement d’adhésions est effectuée en début d’année par l’inter­médiaire de Signes d’Attac et un rappel a lieu au mois de mai par le même procédé (juste avant l’AG).

L’appel à adhérer à Attac se fait toute l’année au cours des nombreuses manifestations organisées au plan départemental et par les groupes de proximité. Nous n’apparaissons nulle part sans un matériel d’adhésion national et local.

Nous présentons toujours l’adhésion à Attac-France comme obligatoire pour pouvoir adhérer à Attac-04. Les adhérents à Attac-04 sont donc tous adhérents à Attac-France.

 

Nous avons instauré trois types de cotisations annuelles à Attac-04 :

• la cotisation normale : 7,50 euros

• la cotisation réduite pour les personnes à revenus modestes (option laissée à l’appréciation de chacun) : 4,50 euros

• la cotisation familiale : un mixte entre des cotisations normales et des cotisations réduites, le tout avec un seul abonnement pour toute la famille.

L’abonnement à Signes d’Attac est à 7,50 euros pour 11 numéros par an.


 

Évolution des adhésions à Attac  dans le 04

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                                                           1999       2000       2001       2002       2003    au 30 avril

                                                                                                                                  2004

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Attac-France    Première adhésion          75           70           52           53           53             13

                        Adhésion renouvelée      40           42         107         126         126             95

                        Adhérents à jour           115         112         159         179         179           108

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Attac-04           Adhérents attac-04                                                 116         123             89

                        Adhésions + abon. SdA*                                                       106             80

                        Abonnements secs SdA **                                                      21             31

                        Abonnements offerts SdA***                                                                  66

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* SdA : Signes d’Attac, notre journal mensuel (voir plus loin).

** Abonnements secs : sans adhésion à Attac.

*** Abonnements offerts : essentiellement aux médias locaux, aux organisations du collectif Le monde n’est pas une marchandise, aux comités locaux d’Attac qui en font la demande, etc.

PS : les zones d’absence de chiffres représentent les périodes pendant lesquelles ces informations n’étaient pas encore tenues avec précision.

 

Adhésions : ça va, ça vient. (analyse de Dominique Bouchery)

Nous continuons à voir passer pas mal de monde sans pour autant qu’augmente sensiblement le nombre de nos adhérents.

Au plan national pour le 04, alors qu’en 2003 nous avions enregistré 53 nouvelles adhésions, nous avions au 31 décembre 2003 exactement le même nombre d’adhérents à jour qu’en 2002 : 179. C’est dire que, dans le même temps, 53 adhérents n’ont pas renouvelé leur adhésion.

Au plan local, (très) légère progression en 2003 : nous sommes passés de 116 à 123 adhérents à Attac-04. Cette importante rotation fait évidemment question : nous sommes de toute évidence une association qui attire, mais, à l’évidence aussi, une association qui ne satisfait pas tout le monde…

 

La gestion financière

par Nicole Zammit

 

Nos recettes proviennent :

-          de la partie des adhésions reversées par Attac-France,

-          des adhésions à Attac-04,

-          des abonnements à notre journal Signes d’Attac,

-          de subventions (conseil général, communes),

-          et de dons.

 

Nos dépenses fixes :

-          notre journal mensuel s’autofinance à 82 % par les abonnements. Il nous permet la diffusion de toutes les informations nous concernant : il véhicule les comptes rendus des réunions des groupes locaux et de celle du CA, ce qui constitue une importante économie d’affranchis­sement et en papeterie. Parce que c’est un mensuel avec abonnés, payant et régulier, nous bénéficions de la commission paritaire qui nous donne droit à une TVA à 5,5 % pour l’impression et un tarif préférentiel d’affranchissement.

-          les photocopies des comptes rendus des différentes réunions (CA, groupes locaux).

 

Le reste peut être utilisé pour nos différentes actions :

C’est la CGT qui imprime nos tracts à un tarif préférentiel.

En faisant des actions communes avec le collectif Le monde n’est pas une marchandise, nous partageons les frais de l’action et nous bénéficions d’un nombre plus important de militants pour les tâches diverses (tractage, préparatifs, accueil). Une comptabilité distincte, tenue par la trésorière d’Attac-04, tient les comptes des actions du collectif.

De même, et pour la deuxième année, c’est la trésorière d’Attac-04 qui tient les comptes du Forum social des Alpes du Sud (FSAS) au nom de toutes les associations organisatrices. Avec l’aide des autres participants, elle établit les dossiers de demandes de subventions à la région (PACA), aux départements (04 et 05), etc.

 

Enfin, grâce à la sobriété militante de tous (frais de déplacements exceptionnels, hébergement chez l’habitant pour les intervenants venus de loin, buffet « maison » lors des manifestations, etc.), nous avons réussi, au cours des dernières années, à dégager un bénéfice destiné à investir dans du gros matériel (en projet : photocopieur, rétroprojecteur ou autre).

 

À titre indicatif, en 2003, nous avons récolté près de 7 300 euros de recettes.

 

Organisation par délégations

par Isabelle Mercier

 

Les nombreuses tâches à assurer pour permettre un bon déroulement des activités de l’association sont réparties de manière durable et connue de tous. Le fait d’attribuer une responsabilité (et souvent rien qu’une) à un adhérent a plusieurs avantages :

• celui-ci est responsable d’un domaine et le prend en charge à fond (ex. la tenue à jour du fichier adhérents),

• les autres adhérents connaissent le référent par domaine et savent comment le contacter (ex. la responsable du site Internet de l’association),

• cette délégation de tâches permet d’éviter que quelques-uns se retrouvent débordés de toutes parts, situation habituellement préjudiciable à la vie d’une association,

• elle permet également un engagement sur le moyen et long terme, la tâche unique, ou presque, n’étant pas trop lourde à supporter.

Et concernant cette rigueur dans l’organisation qui contribue pour une très large part à la réussite de notre comité, notre président, dans son rapport moral lors de l’AG de juin 2004, n’a pas hésité à relever qu’elle était, d’après lui, essentiellement due au militantisme des femmes. Certes, cette appréciation mériterait analyse et débat, mais à y regarder de plus près, on s’approcherait plutôt du bénéfice de la vraie parité.

Les instruments du comité local

Les groupes de proximité

par Isabelle Mercier

 

Les groupes de proximité ont une parfaite autonomie pour leur fonctionnement et les choix de leurs travaux ; le plus souvent la direction y est collégiale et / ou tournante.

Tous groupes confondus, on estime à une trentaine de personnes participants régulièrement aux réunions.

Ils se réunissent généralement une fois par mois. Les réunions sont annoncées dans Signes d’Attac. Leurs comptes rendus sont encartés dans notre journal de manière plus ciblée : les reçoivent tous les adhérents du secteur géographique couvert par le groupe de proximité, les membres du CA et le comité de rédaction.

Il n’existe aucune hiérarchie entre les groupes de proximité et le CA, mais chacun est représenté au CA ; ainsi le lien entre le CA départemental et les groupes de proximité se fait tout naturellement.

 


Groupe du Pays de Forcalquier

par Christian Salmon

 

Le groupe du Pays de Forcalquier a été réuni, pour la première fois, en avril 1999 et est directement à l’origine de la constitution de l’association Attac-04, comme nous l’explique Jackie Boulaire dans la présentation de la création du comité. Actuellement, on y compte une cinquantaine d’adhérents dont une dizaine de militants très actifs.

Une réunion mensuelle a lieu dans une salle mise à disposition gratuitement par la mairie de Forcalquier (PS). Dans cette salle, nous avons un placard qui nous est réservé pour stocker du petit matériel et des brochures d’information.

La méthode de travail est la suivante, un thème est choisi et un groupe se charge de la recherche, de l’acquisition d’une argumentation, de la maîtrise du sujet. Ensuite une à plusieurs séances sont consacrées à l’exposé et aux échanges autour du thème.

Cette année un long travail a été mené sur la question du projet constitutionnel européen. Les années précédentes d’autres sujets ont été abordés comme les OGM ou la démocratie participative… Le groupe se charge aussi d’organiser des conférences à l’échelle locale ou départementale comme en mai dernier sur l’Europe avec la venue Julien Lusson d’Attac-France. Enfin nous vendons notre journal départemental Signes d’Attac une fois par mois sur le marché de Forcalquier.

Sans oublier de signaler que , comme au CA, nos réunions se terminent toujours par des agapes militantes…

 

Groupe de Manosque

par Henri Kartmann

 

Le groupe de Manosque a été créé en janvier 2000. Il compte une trentaine de membres dont une dizaine participe régulièrement aux différentes actions.

Les réunions ont lieu une fois par mois dans la salle de réunion du Centre de santé de la CCAS (salle mise gracieusement à notre disposition).

En général après un tour de table sur l’actualité générale, et celle d’Attac en particulier, sont mises au point les actions à venir : principalement les cafés-Attac, mensuels ou presque ; les tractages sur le marché de Manosque précédent ces cafés-Attac ; ou d’autres actions.

Le groupe a mis sur pied une petite bibliothèque de documentation et livres, mise à disposition des adhérents. Certains ont résumé ces livres sur des fiches de lecture.

L’essentiel des actions se fait en fonction des appels du CA d’Attac-04.

La plupart des membres étant par ailleurs impliqués dans différents groupements politiques ou syndicaux, les relais se font facilement.

Le groupe de Manosque est, par exemple, représenté dans le collectif de défense de la Sécurité sociale du bassin de Manosque.

 

Groupe de Digne-les-Bains

par Christian Baesen

 

Le groupe de Digne-les-Bains a été créé en mai 2000. Les réunions avaient lieu à la Bourse du Travail de Digne, dans un local prêté par la CGT. Le but initial était la défense des services publics locaux et la constitution d’un réseau de communication Attac sur le secteur. Le manque de militants n’a pas permis de mener ces actions à leur terme.

Dans un deuxième temps, nous avons tenu des réunions décentralisées dans les villages environnants afin de développer l’influence d’Attac et de créer un nouveau groupe de proximité autour de la commune d’Annot, secteur trop éloigné de Digne pour permettre à ses adhérents de participer à nos travaux de manière régulière. Pour le moment, ce groupe a des difficultés à fonctionner.

Depuis un an, le groupe de Digne s’est restructuré avec l’arrivée de nouveaux militants qui ont permis de mettre en place le ciné-Attac (séances de cinéma avec débat sur des thèmes d’actualité ou propres à Attac) ainsi que des conférences-débats (trois sur l’éducation nationale au premier semestre 2004). Désormais, les réunions des militants ont lieu régulièrement tous les mois dans une arrière-salle d’une brasserie du centre ville.

Actuellement, le groupe de Digne comprend environ une quarantaine de membres dont une dizaine d’actifs.

Dès la rentrée de septembre, nous mettrons en place un café-Attac en alternance avec le ciné-Attac.

 

Groupe de Château-Arnoux / Sisteron

par Marie-Christine Ingigliardi

 

Né à l’automne 2000, ce groupe a, pendant deux ans, organisé des réunions mensuelles régulièrement annoncées au Stendhal, le café-restaurant du cinéma local, puis à la Bourse du Travail à Château-Arnoux. Après une partie « pédagogique » préparée par un participant ou appuyé sur une vidéo (ex. : Châteaux en épargne, sur les fonds de pensions ; Le bien commun, sur les OGM…), elles invitaient au débat et ont réuni beaucoup de participants… qui sont passés mais qu’on n’a plus guère revus.

Le groupe, réduit à un petit noyau de quatre personnes, a décidé d’aller, à la rentrée de septembre 2004, au-devant des gens, en distribuant le tract de présentation d’Attac-04 qu’il a élaboré (voir ci-dessous « Le matériel de promotion ») sur les marchés et à la sortie des usines [note de la metteuse en page : en fait, dans notre département, il n’y a que deux « usines » à proprement parler : Atofina à Saint-Auban et Sanofi à Sisteron. Nos camarades ont voulu dire à la sortie des entreprises].

Il travaille également à une information critique sur les marques qui peut permettre d’engager le dialogue avec des jeunes.

 

Les groupes thématiques

Groupe Territoire et mondialisation/AGCS

par Mireille Sève

 

Le groupe thématique Territoire et Mondialisation / AGCS a été créé à l’initiative de quelques adhérents lors de l’AG d’Attac-04 de juin 2003.

L’objectif du groupe était double :

-          travailler sur les questions de la recomposition des territoires et de la décentralisation dans l’esprit de l’appel de Morsang « Penser global, agir local »,

-          accompagner, au niveau de notre département, la campagne nationale d’Attac « 100 collectivités territoriales hors AGCS » sans en rester à un effet d’annonce.

Au départ nous étions quatre. À noter que le compte rendu d’activité présenté lors de l’AG de juin 2004 et l’annonce des projets pour l’année à venir ont été l’occasion pour deux nouveaux membres à manifester leur intérêt à intégrer le groupe (essentiellement en raison du projet, validé par l’AG, d’un travail spécifique sur l’eau).

Le groupe Territoire et mondialisation / AGCS s’est réuni environ huit fois dans l’année. Jamais de compte rendu, mais toujours un ordre du jour. Les décisions sont prises collégialement. La répartition des tâches se fait selon les intérêts, les disponibilités et / ou les domaines d’expérience de chacun. Quant aux « grandes » décisions (actions spécifiques en direction des élus, etc.), elles sont présentées au CA pour information et validation.

Des échanges permanents ont été entretenus entre le groupe thématique national et notre groupe local.

Lors du Forum social européen de 2003, nous avons participé à la rencontre organisée par Attac-France avec les élus des collectivités « hors AGCS » à Bobigny.

Nous avons également été invités à participer à une rencontre organisée par la commission nationale Territoire et Mondialisation dans la région de Nantes.

Nous nous positionnons comme le relais de l’information vers le national des délibérations ou motions prises par les collectivités territoriales du département.

Pour tenir informé nos militants et adhérents, nous avons organisé une conférence-débat sur l’AGCS avec Marc Delepouve et relaté nos travaux dans deux articles de notre mensuel Signes d’Attac.

 

La fanfare

par Dominique Bouchery

 

Pour donner un caractère festif et ludique à nos manifestations, nous avons mis sur pied une fanfare depuis l’automne 2000. Elle est composée d’une quinzaine de musiciens, certains membres d’Attac, d’autres non. La fanfare ne se produit que lors d’événements où Attac est présent avec drapeaux et badges Attac.

La fanfare est composée d’instruments à vent (clarinettes, saxophones, flûtes, trombones, etc.) et de percussions.

Dans notre répertoire, on trouve des arrangements simples, à 2 ou 3 voix, dont l’exécution ne demande qu’une technique musicale rudimentaire. Pour souligner le caractère international du mouvement, nous avons choisi de jouer des morceaux de toute la planète, mais si l’Europe, l’Afrique et l’Amérique du Sud nous inspirent facilement, nous peinons un peu avec l’Asie et l’Amérique du Nord. Nous avons mis en ligne les partitions de ces arrangements sur le site Internet d’Attac-04 (www.local.attac.org/attac04), de façon à permettre à d’autres fanfares de se monter autour du même répertoire, avec la possibilité de jouer ensemble lors de grands rassemblements.

Grâce à cet outil, on a vu Attac partout lors des manifs du printemps 2003, à Digne et à Marseille. Dans une démarche d’élargissement de notre audience, nous projetons de l’utiliser pour des distributions de matériel sur des marchés, supermarchés, sorties des usines [note de la metteuse en page : décidément !], etc.

 

Le comité de rédaction de Signes d’Attac

par Isabelle Mercier

 

Le comité de rédaction s’est formé lors d’une réunion du conseil d’administration en décembre 2000. Le choix des participants s’est orienté sur deux critères incontournables : être connecté à Internet pour pouvoir rapidement véhiculer les informations, projets d’articles, etc., et faire chacun partie d’un groupe de proximité différent. Les compétences professionnelles dans les domaines du journalisme, de la mise en page, des techniques d’imprimerie étant les bienvenues de même que le goût et la capacité d’écriture.

Les cinq membres du comité de rédaction d’origine sont toujours les mêmes : Dominique Bouchery, Marie-Christine Ingigliardi, Henri Kartmann, Isabelle Mercier et Jean-Pierre Pesce.

Chacun reçoit les projets d’article et donne son avis, les corrige, les complète, etc. Le comité de rédaction s’oblige à une grande rigueur dans sa façon de travailler pour pouvoir répondre à l’exigence de la parution mensuelle. Avant même qu’un numéro soit dans les boîtes, le suivant est déjà sur les rails. Ce travail est incessant (ou presque puisqu’il n’y a pas de numéro en août).

À l’occasion, d’autres « rédacteurs » traitent d’un sujet soit spontanément, soit à la demande du comité de rédaction, sans oublier notre adhérente graphiste qui nous décline le « i » symbole d’Attac-04.

 

Les activités du comité local

Les débats publics

Les conférences-débats

par Dominique Bouchery

 

Depuis les débuts du groupe un de nos principaux modes d’action est la conférence-débat. En cinq ans nous en avons organisé plus d’une trentaine, soit seuls soit en partenariat avec d’autres organisations dans le cadre du collectif Le monde n’est pas une marchandise. Nous avons pu ainsi traiter, parfois même à plusieurs reprises, tous les thèmes d’Attac. Nous avons à chaque fois essayé de coller à l’actualité. L’impact de ces actions est évidemment inégal : nous avons connu quelques échecs, comme pour la venue d’Éric Toussaint à Digne sur la dette (octobre 2002) ou celle de Julien Lusson aux Mées (mai 2004) sur l’Europe, qui n’ont rassemblé qu’une vingtaine de personnes, mais aussi de beaux succès, avec, par exemple, Vincent Espagne sur l’OMC en 2000, plus de 200 personnes, et Susan George sur le même sujet entre les deux tours de la présidentielle de 2002, plus de 300 personnes. En général, la fréquentation se situe plutôt aux alentours de 40 / 50 personnes.

Outre leur intérêt intrinsèque, ces conférences-débats nous permettent de nous montrer dans tous les lieux du département, aidant ainsi les groupes de proximité à se développer, et nous donnent aussi l’occasion d’apparaître dans la presse départementale.

La convivialité de l’accueil « tartines »

par Gisèle Francou

 

La renommée des « dames tartines » d’Attac-04 a dépassé les frontières du département : partageons donc cette recette.

Vous prenez deux soucieuses motivées : Nicole et Gisèle. La première prépare en un tour de main un excellent oumus, une tapenade qui vous fait chanter les papilles et surtout du fromage de chèvre comme avant « du temps où nous avions le temps ». Elle a mis dans le coup le boulanger qui façonne des pains Florence Aurore (ancienne variété de blé).

La seconde organise le transport du matériel, des louches, tréteaux, etc.

Sur place vous vous adjoignez le concours de quelques tartineuses pour la préparation à la demande, fraîcheur oblige. (Pour info : la belle tartine bien garnie est vendue 1 euro.)

Vous arrosez avec un rouge ou un rosé de Provence et le tour est joué.

Le public après avoir goûté à la nourriture terrestre se sent obligé d’assister à la conférence qui suit. Mais attention : la recette est classée secret défense !

Les cafés-Attac

par Henri Kartmann

 

Depuis 2002 le groupe de Manosque organise régulièrement des cafés-Attac.

Ces soirées se situent dans la droite ligne des actions « d’éducation populaire ». Quelques sujets traités : l’Europe avec Anne-Cécile Robert ; la politique du médicament avec Laurent Ziegelmeyer ; la situation en Argentine avec Daniel Van Eeuwen ; le droit à l’énergie avec Serge Perez ; la réforme de l’assurance maladie avec Patrick Alloux ; les paradis fiscaux avec Bernard Bozon ; l’école avec Samy Joshua ; le fonctionnement politique avec Jean-Louis Quermonne ; sans oublier la soirée avec Pierre Tartakowsky à propos du « Manifeste 2002 » d’Attac.

Après une mise en situation par l’intervenant, le débat permet d’approfondir le sujet par des échanges souvent très riches. Suivant les thèmes abordés, la participation peut aller d’une poignée de personnes à une cinquantaine, avec une moyenne d’une trentaine.

Le style café-Attac, non didactique et décontracté, n’empêche pas de lutter contre la désinformation ambiante. Les annonces et les comptes rendus qui en sont faits dans la presse et les radios locales contribuent à nous faire connaître et à motiver de nouveaux adhérents.

Les cinés-Attac

par Christian Baesen

 

Le groupe de Digne-les-Bains a mis en place un ciné-Attac dans le but d’étendre son influence vers une base sociale plus diversifiée. Dans cette perspective, nous avons choisi de travailler avec un exploitant privé du centre ville dont la programmation habituelle s’adresse à tous types de publics.

Après deux séances autour des films Attention, danger travail ! de Pierre Carles et Pas assez de volume, notes sur l’OMC de Vincent Glenn, soit un thème d’actualité et un autre plus ciblé Attac, nous pouvons dire que le but initial a été atteint : respectivement 140 et 90 participants.

Compte tenu de ce succès, une troisième séance a été programmée avec le film Hôpital au bord de la crise de nerf, documentaire de la réalisatrice Stéphane Mercurio. On s’orienterait désormais vers une programmation bimestrielle.

Par ailleurs, le conseil d’administration d’Attac-04 a envisagé d’étendre cette initiative au plan départemental avec d’autres partenaires associatifs ou privés.

Les campagnes

Les OGM dans les villages

par Nicole Zammit

 

Notre « aventure OGM » a commencé début 2002. Elle ne fut ni épique, ni glorieuse. Nous étions quatre à organiser une soirée d’information sur « Qu’est-ce qu’un OGM ? » et « L'éthique, les brevets, les enjeux économiques ». Évidemment, cette matière était bien trop dense pour une seule soirée. Elle fut transformée alors en deux dossiers dans Signes d’Attac d'avril et mai 2002.

Avec la complicité de la Confédération paysanne-04, nous avons continué notre campagne d’information sur les marchés : pétitions et tracts. Nous sommes intervenus dans deux lycées. Nous avons participé aux différentes manifestations et procès : Montpellier, Grenoble, Valence, Foix et, plus récemment, Vienne.

Fin 2003, notre incompréhensible besoin d’activité a repris, à trois militants cette fois (nous étions cinq à l’origine). L’idée était de partir du film Main basse sur les gènes pour organiser un débat. À Forcalquier, nous n’avons pas lésiné sur les moyens : pub, location de matériel onéreux pour le film et tout cela pour une participation de 35 personnes ! Qu’à cela ne tienne, nous avons délocalisé dans les petits villages. Reillanne : 10 personnes ; Lardiers : 4 ! Essentiellement, des gens qui venaient conforter leurs certitudes. Bilan de l’action : nous avons acquis de bonnes connaissances sur tout ce qui concerne les OGM.

Dernièrement, à Marseille, le 8 mai pour le rassemblement citoyen d’opposition aux OGM, si proportionnellement Attac-04 était bien représentée par sa fanfare et quelques militants, nous n’étions, en tout qu’une centaine de participants pour l’ensemble de la région PACA !

 

L’AGCS, une dynamique auprès des élus

par Mireille Sève

 

Courant 2003, très concrètement pour la mise en œuvre de la campagne « 100 collectivités hors AGCS », nous avons pris contact avec toutes les collectivités locales de notre département de plus de mille habitants et quelques villages sympathisants.

Sept communes (Digne-les-Bains, Forcalquier, Les Mées, Reillanne, Sainte-Tulle, Villeneuve, Volx) se sont déclarées zone hors AGCS, auxquelles il faut rajouter la communauté de communes Duyes-Bléone et le conseil général des Alpes de Haute-Provence. Nous avons ensuite organisé une rencontre avec les élus concernés (y compris un vice-président du conseil régional PACA). Dès le lendemain, la presse relatait cette rencontre sous le titre « Attac veut sensibiliser les élus locaux ». Quant aux autres collectivités, nous les relançons activement.

Projets pour l’année à venir :

-          invitation des élus « hors AGCS » à participer à la préparation du deuxième Forum social des Alpes du Sud, essentiellement sur les thèmes du foncier, de l’habitat et des transports,

-          proposition de l’organisation d’un travail avec les élus et la population sur l’eau en s’appuyant sur les compétences locales (techniciens, FSAS, IUT…) et aussi Attac, l’ACME (association pour le contrôle mondial de l’eau) et le conseil général 94 avec organisation d’une exposition, d’un temps de formation et de sensibilisation des élus…

-          élaboration avec les élus d’une « charte éthique » pour lier l’attribution de subventions sur la base de critères sociaux, éthiques, environnementaux pour les collectivités locales et les entreprises.

Les opérations événementielles

par Isabelle Mercier

 

Un de nos beaux succès fut la manifestation contre l’OMC en novembre 2001, organisée avec le collectif Le Monde n’est pas une marchandise. À l’époque nous en avions rendu compte dans Signes d’Attac de la manière suivante : « Partis du parking de la gare de Manosque, 300 manifestants arrivèrent près de 1 000 sur la place de l’Hôtel de Ville (ils furent 5 000 à Marseille et seulement 8 000 à Paris), autour du char de l’OMC, avec une trentaine de figurants en costumes, des pancartes, la fanfare qui nous régala tout au long du parcours ; et enfin, un service d’ordre, composé d’une quarantaine de médiateurs, qui n’eut à déplorer aucun incident… »

Aujourd’hui encore cette manifestation reste dans nos mémoires comme une réussite de référence.

 

Dans les jours qui ont suivi les élections présidentielles de mai 2002, nous sommes intervenus par groupes de deux ou trois militants dans plusieurs établissements du département auprès des lycéens (lycée Alexandra David Neel et lycée Gilles de Gennes à Digne-les-Bains ; lycée agricole de Carmejane ; centre de formation professionnelle pour adulte et lycée d’enseignement professionnel de Manosque). Nous y avons été interrogés sur le mouvement Attac et ses thèmes majeurs d’investigation : la dette, les OGM, la taxe Tobin, etc. Les échanges ont toujours été très fructueux… mais il faut reconnaître que le climat nous était particulièrement favorable !

 

Toujours dans les « opérations événementielles », nous pouvons également relater la manifes­tation qui a conduit une centaine de militants (essentiellement d’Attac et de la Confédération paysanne) à se constituer prisonniers au commissariat de police de Digne-les-Bains lors de l’emprisonnement de José Bové. Opération qui a échoué au prétexte qu’il n’y avait pas assez de place au commissariat ! Qu’à cela ne tienne nos valeureux militants ont achevé leur mission par un détour à la prison de Digne où ils ont déposé les oranges qu’ils avaient pris soin d’emmener pour leur propre incarcération.

 

Le mensuel Signes d’Attac

par Isabelle Mercier

 

Signes d’Attac se veut un journal d’information sur les grands thèmes fers de lance d’Attac et sur leur lien avec le local. Il est à la fois un instrument militant (il donne des arguments pour débattre) et un outil d’éducation populaire.

Les sujets sont proposés au CA, ou par le CA, qui définit les lignes éditoriales du journal. Les articles sont ensuite rédigés le plus souvent par les membres du comité de rédaction, parfois par un adhérent plus compétent ou plus informé pour traiter du sujet.

Mais il ne s’agit pas de faire doublon avec Lignes d’Attac que chaque adhérent reçoit par ailleurs : les différentes rubriques sont généralement alimentées par des informations plus locales.

Si certains sujets appellent une actualisation, la plupart se périment peu. Aussi conseillons-nous aux groupes de proximité de ne pas se départir de leurs anciens invendus : lors d’une réunion publique, ou pour quelqu’un qui cherche de l’info sur un sujet précis, il est toujours utile d’avoir quelques exemplaires « anciens » à donner.

• La forme : un 4 pages avec des encarts ciblés (relevé de décisions du CA, comptes rendus des groupes de proximité, tracts d’appel à manifester, etc.). Nous avons été parfois tentés d’augmenter le nombre de pages, mais préférons nous en tenir à quatre et garantir la parution mensuelle.

• La parution : généralement déposé à la poste le 1er du mois, Signes d’Attac est distribué dans les boîtes le 2 ou le 3. Ces dates sont importantes dans la mesure où elles conditionnent les annonces des réunions de groupes, de manifestations, etc.

• Le tirage : Signes d’Attac est tiré à 500 exemplaires en moyenne. Plus de la moitié sont envoyés nominativement par la poste aux adhérents et abonnés non-adhérents, mais aussi aux élus et aux médias du département.

• La mise en vente : Signes d’Attac est vendu 0,75 euro le numéro (abonnement : 7,5 euros les 11 numéros). Chaque mois des exemplaires sont mis en dépôt-vente dans six librairies du département, d’autres sont vendus sur les marchés. Les numéros restants sont répartis entre les différents groupes de proximité, à charge pour eux de s’en servir de matériel de promotion.

L’expérience montre que le fait d’être vendues confère à ces 4 pages la qualité de « journal », qu’en tant que tel on lira. Donné, il évoquerait un tract, qu’on retrouve froissé au fond de sa poche ou du panier à provisions une semaine plus tard… et qu’on jette !

Par ailleurs, ces recettes ne sont pas à négliger : au bout de deux ans d’existence, le journal s’autofinançait quasiment. Car faire un journal, même bénévolement, ça coûte de l’argent (entre 120 et 150 euros par mois), même si nous avons obtenu l’agrément de la commission paritaire qui nous donne droit au tarif d’affranchissement « presse » et à une TVA à 5,5 % (au lieu de 19,6 %) sur l’impression.

• Tous les mois, le journal est mis sous bandeaux d’expédition chez un(e) militant(e). Un(e) autre est chargé(e) de réunir une équipe de 6 personnes qui œuvrera pendant 2 heures. C’est un moment plutôt agréable où le travail manuel permet de laisser libre cours au débat informel et parfois animé.

• En mars 2004, nous avons fêté les 3 ans de Signes d’Attac et ses 33 numéros révolus !

• Tous les numéros de Signes d’Attac sont sur le site dès parution (www.local.attac.org/attac04).

 

Le site Internet et la lettre électronique avec l’agenda mensuel

par Annick Ferrer

 

Une militante s’est chargée de la construction du site en février 2004. Il présente le comité local et recense l’ensemble des activités d’Attac-04. Compte tenu de sa mise en ligne, relativement récente, le site est amené à s’enrichir en fonction des suggestions des adhérents.

D’un point de vue pratique, les dates des manifestations du mois et les réunions mensuelles des groupes de proximité et du CA sont régulièrement tenues à jour dans la page Agenda. La mise à jour s’effectue en tout début de mois à partir du journal Signes d’Attac et des informations transmises par les adhérents responsables d’une manifestation. Les échanges d’informations se font principalement par mail.

Le site permet, en outre, de télécharger divers imprimés :

·          les bulletins d’adhésion à l’association Attac locale et nationale, la plaquette de présentation d’Attac-04, tous les numéros de Signes d’Attac depuis l’origine,

·          les programmes complets des manifestations, des modèles de lettre (ex : lettre aux banques dans le cadre de la campagne contre les paradis fiscaux, etc.).

Depuis mai 2004, a été mise en place une lettre électronique à laquelle peuvent s’abonner les visiteurs du site. Les adhérents sont également invités à communiquer les adresses électroniques de leurs amis sympathisants.

La lettre est envoyée avec une périodicité mensuelle. Y figurent le sommaire de Signes d’Attac et l’agenda du mois du comité local.

Les avantages de la lettre électronique sont multiples :

·          informer les non-adhérents qui ne sont pas abonnés à Signes d’Attac,

·          télécharger le programme d’une manifestation dans son intégralité, renvoyer vers l’agenda du site Attac-France ou d’autres sites d’autres sites plus complets,

·          communiquer simplement par courriel en cliquant sur l’adresse électronique d’un groupe de proximité contenu dans le corps de la lettre,

·          permettre une mise en forme des manifestations plus attractives que celle autorisée par le journal papier.

Il est prévu d’ici peu d’intégrer les rendez-vous des comités locaux voisins (05, Sud-Luberon, Aix-en-Provence, Marseille) dans l’agenda 04.

Quelques perspectives d’enrichissement du site :

-          créer une base documentaire 04 sur les thèmes qui nous sont chers,

-          structurer la page « liens » avec des renvois aux pages thématiques du site Attac-France (ex : dossier OGM) et peut-être sur d’autres pages de sites ressources.

 

Le matériel de promotion

par Marie-Christine Ingigliardi

 

Confronté à la difficulté, lors de différentes manifestations, de dire brièvement aux passants qui marquent le pas devant notre stand sans avoir forcément envie de s’y attarder, ce qu’est Attac et, plus particulièrement, Attac-04, le groupe de Château-Arnoux / Sisteron a réfléchi à un document plus accessible que les ouvrages de la série Mille et une nuits et autres documents ardus que nous proposons. Certes, il y a Signes d’Attac, plus proche, plus simple (espérons-nous). Mais, pour savoir « à qui on a affaire », il faut se donner la peine de le lire ! Ainsi est né un dépliant A4 recto/verso, plié en trois, où nous nous présentons. Mille exemplaires en deux couleurs en ont été tirés et mis à la disposition des groupes de proximité. Il est également téléchargeable sur notre site www.local.attac.org/attac04 et disponible en version « light » qui peut être facilement photocopiée.

 

L’accroche par la fanfare

par Dominique Bouchery

 

La fanfare joue évidemment un rôle en tant qu’outil de communication. À chaque sortie, elle attire les photographes et les caméras de télévision, donnant ainsi une visibilité particulière à Attac. Ainsi, à l’occasion de la manif anti-OGM, assez foireuse par ailleurs, du 8 mai 2004 à Marseille, nous avons fait les journaux nationaux de France 2 et France 3. Vis-à-vis du public, la fanfare provoque chez ceux qui ne connaissent pas Attac un a priori favorable : ces gens colorés qui jouent joyeusement de la musique ne peuvent pas être complètement mauvais !…

 

Les relations avec la presse et les médias locaux

par Dominique Bouchery

 

Depuis les débuts du groupe, nous faisons de notre mieux pour apparaître régulièrement dans la presse locale. Celle-ci se compose principalement de deux quotidiens, La Provence, qu’il faut classer à droite, et La Marseillaise, qui fut mais qui n’est plus vraiment l’organe de communication du PCF. Avec La Marseillaise tout est facile, nous avons eu, par exemple, une pleine page pour la commémoration du CNR le 15 mars 2004. Avec La Provence tout est difficile, mais nous parvenons quand même à occuper le terrain.

Nous avons une antenne départementale de France 3, mais nous n’avons jamais réussi à les faire venir sur un de nos événements. Les radios : une radio très altermondialiste (Radio-Zinzine) et deux autres radios locales, une où on ne peut que passer l’info (Europe 2), et une autre, qui ne diffuse que sur l’agglomération manosquine, où j’ai animé tous les mois une émission d’une heure pendant presque trois ans. Cette émission n’existe plus depuis un an suite à un changement de personnel, mais pourrait reprendre bientôt.

 


Présence sur les marchés

par Jackie Boulaire

 

Dans notre département, les marchés hebdomadaires ont traditionnellement une place importante dans la vie sociale. C’est donc, pour Attac, un lieu de visibilité bien naturel. Ainsi nous occupons aussi ce terrain-là.

Sur le marché de Forcalquier, par exemple, une poignée de militants se retrouvent le premier lundi qui suit la parution de notre journal et le vend « à la criée ». Désormais bien rodés à cette activité (qui ne prend que 2 heures), ces militants vendent chaque mois entre 30 et 40 Signes d’Attac sur ce grand marché réputé bien au-delà des frontières du département !

 

Les partenariats

Le collectif Le monde n’est pas une marchandise

par Dominique Bouchery

 

Nous sommes à l’origine (depuis Seattle) avec la Confédération paysanne de la création d’un collectif Le monde n’est pas une marchandise qui rassemble des partis (PCF, Verts), syndicats (CGT, FSU, quelques SUD) et des associations, qui fonctionne plutôt bien. Nous avons organisé ensemble, avec des investissements inégaux des organisations en fonction des thèmes, un certain nombre d’actions : des conférences, des déplacements en car, Millau 2000 par exemple (deux cars pleins), et en général tous les procès des faucheurs d’OGM, une campagne dans les villages pour la sauvegarde des services publics, et des manifestations. Celles que nous avons organisées à Manosque à l’occasion des conférences ministérielles de l’OMC ont été des succès remarquables, plus de 1 000 personnes. Ça ne paraît peut-être pas énorme, mais ce chiffre est à rapporter à une population départementale de 140 000 habitants. En revanche, il faut reconnaître que le collectif a toujours été animé par Attac et la Conf’, les autres organisations n’ayant jamais pris l’initiative de le réunir. Depuis 2003 l’essentiel de l’activité du collectif consiste à préparer le Forum social des Alpes du Sud.

 

Le Forum social des Alpes du Sud

par Jean-Pierre Pesce

 

En 2003, l’idée des forums sociaux locaux était dans l’air du temps avec le Forum social européen de Saint-Denis comme horizon. Les premiers échanges au sein du bureau d’Attac-04 affirmeront les exigences de confrontation et de partage des forums qui n’auraient pu se satisfaire des limites administratives départementales des groupes locaux. C’est finalement la proximité des modes de vie, des représentations, la similitude des questions territoriales qui allaient imposer l’échelle pertinente : les Alpes du Sud. Une « limite » suffisamment accueillante pour permettre une évolution de la participation (Sud-Luberon, Alpes-Maritimes, Drôme, Isère, Italie…). Parmi les groupes contactés, celui des Hautes-Alpes répondit par un enthousiasme qui impulsa véritablement la dynamique de la démarche, jusqu’au point de non retour, car il ne fut pas si simple de prendre l’initiative d’une manifestation ambitieuse qui n’aurait pas supporté l’échec.

C’est ainsi qu’autour des groupes Attac-04 et Attac-05, du collectif Le monde n’est pas une marchandise des Alpes de Haute-Provence, des associations, des partis (tolérés chez nous), des mouvements, des citoyens, se sont réunis, ont partagé les tâches, préparé les ateliers, dans un apprentissage collectif enrichissant et tâtonnant.

La municipalité de Château-Arnoux (MDC) accueillit l’idée et le forum avec des moyens et les compétences des services municipaux. Subventions, communication, autorisations, assurances, musiques et chansons, chapiteau, bénévoles sacrificiels… et puis les 20 et 21 septembre sont arrivés par beau temps ; autour des stands, les craintes s’évanouirent au fur et à mesure de l’arrivée de participants curieux, passionnés, au rythme d’ateliers vivants et d’une plénière sans concessions, sans oublier fête et convivialité : 900 personnes concernées. Ce fut un vrai forum. Et, comme tel, il emporta critiques et regrets, scepticisme et irritations, mit au jour les failles d’organisation et surtout la volonté de recommencer.

La première récidive aura lieu à Veynes les 25 et 26 septembre 2004.

Le deuxième Forum social des Alpes du Sud, fort de son unique expérience, est en pleine préparation en ce mois de juin 2004. Les enseignements tirés du bilan de l’édition 2003, que nous avons voulu honnête et constructif, nous permettent d’être en avance dans la plupart des domaines, même si les inquiétudes ne manquent pas. Le forum se construit dès aujourd’hui, il a besoin d’énergies pour affirmer un lieu qui tienne ses promesses de débats, d’échange, de confrontation, de fête, placés sous le signe du respect, réfractaire à toute instrumentalisation. Il reste à assurer la participation des acteurs sociaux, des politiques, des citoyens. Au travail !

 

Les co-organisations avec nos voisins Attac-05 et Attac-Sud Luberon

par Isabelle Mercier

 

C’est tout naturellement que le rapprochement s’est fait avec Attac-05 (Hautes Alpes) pour la création d’un Forum social des Alpes du Sud comme décrit ci-dessus.

Il nous arrive également d’organiser des conférences avec nos voisins limitrophes du Sud (Attac-Sud Luberon, 84) ce qui permet une beaucoup plus large diffusion de la publicité de l’événement et de toucher un public jusqu’à Aix-en-Provence (13), Avignon (84), Apt (84) que nous n’allons pas chercher en temps ordinaire. Dans ce cas, nous choisissons une salle située à mi-distance des deux comités organisateurs. C’est ainsi que nous nous sommes associés à Attac-Sud Luberon pour accueillir Jacques Nikonoff à La Tour d’Aigues (84) en mai 2003 devant un public de 150 personnes.

 

Conclusions

Quelle santé, ce comité !

Pour la santé, c’est certainement dû aux « gueuletons » post-réunions. Grâce à ce biais nous sommes rapides et efficaces : le but de nos rencontres n’est pas la lutte contre la mondialisation libérale et ses effets secondaires, mais bel et bien de répondre à la question : « Que contiennent nos biasses ? » car nous ne le découvrons le plus souvent qu’une fois les débats terminés.

Plus sérieusement, nous avons tous laissé notre « ego » à la porte, nous n’avons aucune envie de pouvoir et travaillons collectivement pour le collectif. S’il y a eu tentatives de récupération, elles ont échoué car les administrateurs tiennent bon la barre.

Mais que manque-t-il ?

La foi, des fois ! Parce qu’il est vaste, le domaine auquel on s’attaque ! On a parfois l’impression de courir devant un rouleau compresseur, sans guère pouvoir faire plus qu’éviter qu’il nous rattrape ! Chaque jour nous apprend une avancée du système néo-libéral qui transforme tout ce qu’il touche en marchandise. Mais chaque jour, des résistances s’organisent, des idées alternatives se concrétisent…

Et plus concrètement, que manque-t-il ?

Sans doute un peu plus de coordination dans les actions et de connexion inter-groupes (certaines actions ou réunions ont lieu le même jour ou le lendemain : ça fait beaucoup même pour des vrais militants très très actifs !)

Pourquoi les cafés et les cinés cartonnent en participation alors que les soirées-conférences attirent moins de monde et souvent des « déjà convaincus » ?

Il faudrait peut-être faire un effort sur la presse, davantage leur envoyer de communiqués, mieux utiliser nos réseaux Internet (celui du collectif Le monde n’est pas une marchandise, celui du Forum social des Alpes du Sud, etc.).

Renforcer nos liens avec les syndicats : à l’exemple du printemps 2003, les réseaux se sont croisés et Attac a été présent sur toutes les manifs. Mais cette année 2004, il n’y a pas eu de promotion pour les deux manifs des enseignants alors que les mots d’ordre étaient quasiment toujours les mêmes. Et pourquoi, à part un encadré dans notre journal, aucune publicité sur la manif contre la réforme de la Sécurité sociale de juin 2004 ?

Et puis, il faudrait être encore plus présent sur les divers marchés avec stands, documentation gratuite, et pas seulement pour annoncer les événements. Cela nous amène au point suivant : qui manque-t-il ?

Et qui manque-t-il ?

Du monde, plein de monde disponible, qui n’abat pas déjà le boulot de quatre, des gens de terrain qui n’ont pas peur de mouiller la chemise.

Nous sommes de plus en plus nombreux à prendre conscience qu’un autre monde est possible, à vouloir nous donner les moyens de le faire naître. Pas assez, sans doute encore, mais déjà, ensemble, nous affinons nos idées, nous les diffusons, nous peaufinons nos moyens, nous marquons des points…

 

 

 

Ce texte a été validé par le CA d’Attac-04

le 8 juillet 2004

et est mis à la disposition d’Attac-France.