Charger des nouveaux paquetages ?
Bien que les distributions actuelles renferment des milliers d'applications
récentes, l'envie d'en charger de nouvelles se fait sentir lorsque les mois
ont passé. C'est d'ailleurs là l'un des arguments avancés
lors du choix de GNU/Linux, pouvoir mettre à jour sa distribution
sans changer le système complet.
Qu'en est-il dans la réalité ?
Comme souvent, les connaisseurs s'en sortiront. Les néophites eux,
seront confrontés à la cacophonie qui règne dans le
monde GNU/Linux en matière de formats de paquetages. Et oui, la rançon
du développement libre, c'est la grande diversité des formats.
Il existe en fait trois grandes familles de paquetages, les rpm,
les sources et les debs.
Les RPM (RedHat Package Manager) ont été inventés
pour faciliter l'installation de nouveaux paquetages sous GNU/Linux. Leur
facilité apparente cache cependant des pièges, qui se transforment
parfois en prise de tête et, finalement, en échec. Résumons.
Les RPM sont des paquetages pré-compilés, prêts à
être installés sur votre machine. Si tout se passe bien, l'installation
d'un nouveau paquetage est un jeu d'enfant. La commande lancée, qu'elle
le soit en console texte ou en console graphique, tout s'installe là
où il faut. La désinstallation est aussi un jeu, ce qui n'est
pas négligeable.
Et si tout se passe mal ?
Les RPM sont non seulement pré-compilés pour une famille
de processeurs, mais aussi parfois pour une distribution spécifique.
Ce sont les dépendances qui risquent de poser un problème. Les
dépendances sont d'autres programmes, ou des librairies, dont la présence
est indispensable au bon fonctionnement du paquetage à installer.
Si ces dépendances sont absentes, le système le fait savoir.
Il vous reste à chercher ces dépendances, et à les installer.
La prise de tête commence lorsque ces dépendances refusent
elles-même de s'installer parce qu'elles demandent d'autres dépendances
! C'est l'histoire de la poule et de l'oeuf. Avec un peu de malchance, vous
risquez de remonter très loin, à ce petit jeu, la demande étant
parfois exponentielle. Ces désagréments se font surtout sentir
lorsque le paquetage RPM est trop ancien, ou trop récent, par rapport
à la distribution que devra l'accueillir.
Le conseil à donner pour les RPM, c'est de charger en priorité
ceux présents sur les CD ROM de votre distribution ou disponibles
sur le site de cette distribution. Pour ce qui est des RPM provenant d'autres
distributions, souvent, ils s'installent correctement. Souvent ne veut pas
dire toujours, vous êtes prévenus. De plus, même s'ils
semblent fonctionner correctement, ces "étrangers" posent parfois
des problèmes lors de mises à jour automatiques de la distribution.
Le programme de mise à jour découvre qu'on lui a caché
des "étrangers", et il ne les aime pas.
Avec les sources, c'est différent. Rien n'est pré-compilé,
tout est à faire "à la main". Les sources sont "presque" universelles.
La rançon, c'est la complexité d'installation, plus élevée
que pour les RPM. Les seuls problèmes qui peuvent survenir avec les
sources sont l'absence de librairies adéquates. Comme pour les rpm,
cette absence se fait sentir lorsque le programme est trop ancien ou trop
nouveau par rapport à la distribution d'accueil. Cependant, charger
une librairie n'est pas si compliqué que de chercher plusieurs dépendances,
on le fait une fois. De plus, cette librairie sera alors utilisée
pour d'autres programmes à venir. Il est à noter que les programmes
très récents sont d'abord disponibles sous forme de sources.
Avec les sources se posent aussi parfois des problèmes obscurs de
compilation. Les messages d'erreur qui en résultent ne font même
pas peur, tellement ils sont incompréhensibles !
La Slackware utilise également un système de paquetage mais très simplifié. Les
fichiers en question, qui ont tgz comme extension, ne sont que des archives compressées
des logiciels avec éventuellement un script d'installation/configuration.
Il n'est donc pas question de gestion de dépendances ou autres finesses permises par
les rpm et les deb. Toutefois, le système est efficace et simple pour l'utilisateur
qui sait ce qu'il fait.
Reste le format deb, de la distribution Debian. Franchement, c'est
cette distribution qui gère le mieux l'installation des paquetages
et des dépendances.
Ce tableau un peu sombre ne doit pas décourager les nouveaux venus.
Toutes les distributions récentes, y compris la Debian, offrent une
interface graphique permettant de charger de nouveaux paquetages. Si les
désagréments cités plus haut se présentent, le
programme d'installation fera savoir qu'il ne peut installer le paquetage.
Il n'y a que pour les sources que vous devrez utiliser la ligne de commande
en console texte, aucun utilitaire graphique n'existant, à notre connaissance,
pour configurer et compiler d'autres logiciels.
$Date: 2003/10/14 09:25:22 $ $Revision: 1.4 $