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Les réseaux sans fils sous GNU/Linux.

Les réseaux sans fils, plus connus sous le nom français de "wireless network" (!!!), sont devenus la coqueluche des vendeurs d'informatique, en situation de crise. Pour vendre, rien de tel qu'une nouveauté, si possible affublée d'un nom anglais. Ce que ne disent pas ces vendeurs de "solutions réseaux", c'est qu'avec le WiFi, votre sécurité informatique, déjà branlante avec certains systèmes d'exploitation, va se transformer en insécurité permanente, quel que soit le système d'exploitation utilisé. Ceci est une autre affaire, dont on reparlera certainement. En attendant, vous êtes prévenus.

Le déploiement de réseaux sans fils dans les espaces publics va quelque peu bouleverser les habitudes de l'accès à l'internet. Les opérateurs (Orange, entre autres), installent des points d'accès dans des lieux publics. Des cafés, équipés d'une borne WiFi, offrent à leur clientèle une connexion internet gratuite. Des projets d'installation de réseaux sans fils sont lancés dans des zones rurales difficiles d'accès, là où l'ADSL n'était jusqu'à présent qu'un rêve. Des transmissions par rayon laser sont envisagées, ouvrant des voies toutes nouvelles. Des tests sont même effectués par satellite. Un mode de communication alternatif à base de réseaux sans fils se développe dans les grands centres urbains. Il est trop tôt pour en mesurer les conséquences, mais il semblerait que les autorités et les opérateurs commerciaux soient en train de se faire prendre de vitesse. De plus, GNU/Linux, comme toujours, autorise des configurations difficiles à obtenir sur des systèmes propriétaires. Enfin, les réseaux sans fils font appel à des techniques de pointe, telles que les transmissions radio de type téléphone cellulaire à étalement de spectre, ainsi que les implémentations de cryptographie (sommaires !). Voilà au moins quelques bonnes raisons de se pencher sur cette nouveauté (déjà expérimentée depuis plusieurs années par quelques passionnés, tapis dans l'ombre, en attente d'une législation plus favorable). C'est chose faite aujourd'hui, l'implantation des réseaux privés est autorisée à l'intérieur des bâtiments, sous réserve de respecter les puissances (voir le lien vers l'ART en bas de la page).

D'abord, un peu de terminologie.

Les réseaux informatiques sans fils se déclinent en plusieurs noms. En Français, c'est réseaux sans fils. En Anglais, c'est wireless lan ou wireless network. On entend plus souvent parler du "WiFi (Wireless Fidelity, marque déposée ). Enfin, la norme officielle des réseaux sans fils dont nous allons parler est le 802.11b. Il en existe d'autres (Bluetooth, Airport).

Toute une littérature exotique est utilisée par les mordus des réseaux sans fils. Allant de la Ricorée aux PigTails, en passant par le WarDriving et le WarChalking, il y a de quoi perdre son Latin. Ces termes, dont la majorité est en langue anglaise, renforcent le côté alternatif et initié de la pratique des réseaux sans fils. Sur le site RéseauCitoyen , il y a un énorme tableau alphabétique qui regroupe tous les mots utilisés pour les réseaux sans fils. Ce site est belge, en langue française, mais sur un navigateur, l'accent ne s'entend pas...

Sur les airs.

Deux ordinateurs, reliés directement en réseau sans fils, sont dit en mode Ad-Hoc. Chacun communique directement avec l'autre.
À l'inverse, on parle de mode infrastructure, ou managed, lorsque chaque ordinateur envoie ses communications à une station centrale, nommée PA (Point d'Accès). On peut assimiler ce mode à celui du client/serveur. La station centrale renvoie les communications qu'elle reçoit en direction du réseau associé. Cette station peut aussi router les clients sur un autre réseau sans fils, un réseau filaire ou faire office de routeur vers l'internet; c'est à ce niveau que les projets sont les plus prometteurs et donnent quelques sueurs aux fournisseurs d'accès internet.

Au coeur du système.

Si la reconnaissances des cartes réseau sans fils et l'installation des pilotes dépend du système d'exploitation de l'ordinateur hôte, la transmission du signal radioélectrique est soumise à la norme 802.11b, la plus répandue à ce jour. Bien que passionnante et très instructive, l'étude de cette norme ne sera pas développée ici. Chacun est renvoyé sur les sites spécialisés. Nous allons par conséquent nous pencher sur l'installation des cartes sans fils et de leur interaction avec notre système préféré.

La majorité des cartes sans fils est de type pcmcia . Quelques unes sont proposées sous forme d'une carte pci. En fait, il s'agit d'un adaptateur pci/pcmcia dans lequel on enfiche une carte pcmcia. On rencontre de plus en plus des cartes pci complètes, dans lesquelles la partie pci et la partie sans fils ne font plus qu'une; la carte est alors reconnue par le système d'exploitation comme une carte pci. Cette dernière information est importante. Il ne faut en effet pas s'acharner à paramétrer une telle carte sans fils pci avec les scripts pcmcia. Les modèles pci sont indispensables pour les ordinateurs de bureau. Pour utiliser les cartes pcmcia, vous devrez être un peu familiarisé avec cette norme, mais toutes les distributions GNU/Linux récentes l'implémentent. Le test qui tue, avec les cartes pcmcia, est celui de l'enfichage de la carte dans son logement. Bip...bip=bon. Bip...bop=Bon, mais il manque les pilotes ou il y a conflit d'interruptions. Bop ou absence de signal=mauvais.. Mauvais voulant dire que le pcmcia n'est pas supporté par votre distribution, ce qui est rare, avec les dernières versions GNU/Linux.
La carte pci ou pcmcia étant reconnue, passons au plat principal.

La jungle des cartes sans fils.

La triste aventure des "winmodems" qui ne fonctionnent que sur Windows, n'a pas (ou peu) été reproduite avec les cartes sans fils. Cependant, les pressions de la multinationale sont toujours aussi fortes. Il en résulte que de nombreuses cartes ne sont pas annoncées compatibles GNU/Linux sur leur boîte, même si elles le sont ! Pour compliquer les recherches, des cartes possédant des noms différents utilisent les mêmes circuits (plus souvent nommées chipset). Il s'agit généralement de chipsets Prism II ou Atmel. Et le modèle de chipset intégré à la carte influence non seulement sur la reconnaissance de la carte par le système d'exploitation, mais aussi le fonctionnement de certains utilitaires qui seront utilisés. Un conseil, avant d'aller prendre livraison de la carte que vous aurez choisi, allez faire un tour sur le site du fabricant, avec une recherche sur Linux. Cette précaution est d'autant plus nécessaire que certains fabricants, tels que Linksys, décident brusquement de changer le chipset de leur carte. De fait, une carte auparavant compatible avec GNU/Linux ne l'est plus, sans que ce changement soit mentionné sur la boîte. Heureusement, beaucoup de fabricants ont compris leur intérêt et proposent des cartes compatibles.

À la date d'écriture de ce texte (10 avril 2003), une carte est annoncée clairement compatible Linux sur sa boîte. Le plus fort, c'est qu'il est impossible de la nommer. Cette carte est en effet un produit "sans nom", fabriquée à Taïwan. Aucune indication d'une marque quelconque n'est portée sur la boîte ou sur la carte. Pourtant, cette carte mérite toute notre attention. D'une part, c'est la carte pcmcia sans fils la moins chère du marché (49 Euros). D'autre part, non seulement, elle fonctionne sous GNU/Linux, mais elle peut aussi être paramétrée en Point d'Accès (PA). Le pilote pour GNU/Linux est fourni avec le CD ROM, mais il vaut mieux en télécharger un plus récent, celui présent sur le CD ROM refusant de se compiler. La fin de l'histoire, c'est que cette carte est en fait une Atmel (chipset : AT76C502AR_D), un fabriquant très engagé dans l'Open Source, ceci expliquant cela. Cette carte renferme une antenne interne, mais les téméraires pourront tenter l'aventure de démonter le cache plastique de l'antenne et de souder (au bon endroit !) un connecteur spécial pour une antenne externe (suppression de garantie assurée !). Cette carte a été testée par l'auteur sur une Mandrake 8.2, elle est distribuée par HOSNET.

Une autre carte pcmcia a aussi été testée avec succès sur la Mandrake 8.2. Il s'agit de la carte Avaya Gold (qui remplace la Silver). Aucun paramétrage n'est nécessaire pour installer cette carte, l'activation du pcmcia la fait reconnaître immédiatement. Cette carte est munie d'un minuscule connecteur pour antenne externe. Afin de relier ce connecteur à une antenne, il faut utiliser une rallonge, connue sous le nom de "PigTail" (littéralement : queue de cochon").

Du côté des cartes pci, une a été testée avec succès avec la distribution Knoppix 3.1, installée sur un disque dur. Il s'agit de la carte Linksys WMP11. Cette carte est reconnue par Knoppix, sans aucune intervention (hormis les paramétrages propres au fonctionnement du réseau sans fils). Cette carte possède un connecteur pour une antenne externe. On peut utiliser le fouet livré, ou se fabriquer une "Ricorée".

En fait, plus que le nom de la carte ou du fabriquant, c'est le chipset qui est important. Deux  sont à recommander, Atmel et Prism. Ils sont tous deux compatibles "tous OS", par conséquent GNU/Linux.

Deux mots sur la "sécurité" du sans fils.

En fait, c'est vite expliqué, la sécurité sur le WiFi, il n'y en a pas. Le cryptage des données transmises sur les réseaux sans fils est réalisé par le WEP (Wireless Equivalent Privacy). Ce (mauvais) acronyme en cache un autre, qu'il fallait deviner : "au moins aussi sûr que les réseaux filaires", ce qui est faux. Pour s'introduire sur le réseau filaire d'une entreprise, il faut pénétrer physiquement dans les bâtiments (hormis les attaques depuis internet). Avec le sans fils, c'est depuis le parking voisin qu'un pirate peut réaliser, en toute discrétion, ses exploits. De grosses erreurs ont été commises dans l'implantation de ce cryptage. Il en résulte une faiblesse congénitale des réseaux sans fils basés sur le protocole 802.11. Vous êtes prévenus, une seconde fois...

Voilà, ce texte est un survol des réseaux sans fils sous GNU/Linux, il est destiné à donner une vue générale, avant d'aller consulter des documentations plus poussées. Nous n'irons pas plus loin. En effet, certaines cartes sans fils nécessitent l'installation d'un pilote spécifique, ainsi que des outils de manipulation des réseaux sans fils, nommé "Wireless tools". Tous ces logiciels sont sous forme de source. Le paramétrage des cartes sans fils demande aussi quelques connaissances sur les réseaux en général, et les réseaux sans fils en particulier. Toutes les cartes sans fils ne se "laissent pas faire" aussi bien que les trois citées ci-dessus. Une recherche sur Google du genre "DLink 520+linux" donne une idée de l'ampleur des problèmes posés par les différentes étapes nécessaires afin de faire fonctionner certaines cartes rébarbatives. Lisez la documentation citée en référence, apprenez à connaître les réseaux sans fils, d'autres informations arriveront, afin de résoudre des problèmes spécifiques.
Lorsque de nouvelles cartes auront été testées sous GNU/Linux, nous les listeront ici.

Si vous voulez mettre toutes les chances de votre côté et éviter les compilations, vous êtes invités à utiliser les toutes dernières distributions GNU/Linux. En effet, Mandrake 9.1, Debian 3.0, Knoppix 3.1 et 3.2, Redhat 8 proposent généralement les tous derniers pilotes nécessaires aux cartes sans fils. Il sera toujours temps de bidouiller pour des application spécifiques.

Quelques liens utiles :

LE lien de référence
LE site de Paris pour le sans fils
Le pcmcia
Le lien pour la description des cartes
Un très bon site belge
La législation (L'ART)
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$Date: 2003/10/24 10:45:09 $ $Revision: 1.5 $