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Comité ATTAC 66

Bulletin d'information n°6/Septembre 2000

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Plus qu'une manifestation exceptionnelle à Perpignan le 27 septembre, la venue de Suzan George, présidente de l'Observatoire de la mondialisation, est à n'en pas douter un rendez-vous d'information auquel nous devons convier un maximum de personnes toujours préoccupés par leur avenir de citoyen, de consommateur, bref, d'acteur social.

Depuis le début de l'année, le comité départemental s'est enrichi d'un groupe très actif à Céret qui rassemble régulièrement un grand nombre de personnes dans le Vallespir. Dans le Conflent, une réunion devrait se tenir courant octobre aux alentours de Prades puisque là aussi, s'exprime le besoin de créer un groupe pour informer localement sur les propositions d'attac. Sur la côte vermeille, une initiative de même nature est en cours de montage par Raymond GERBAL. A Dorres en Cerdagne, Patrice RENIER souhaite rassembler sur le même motif.

La voie est donc ouverte pour prendre de telles initiatives afin de développer des lieux de rencontre et d'information. Le bureau du Comité départemental se tient à la disposition de tous ceux qui souhaitent s'y engager, restant ainsi l'élément de liaison indispensable entre les lieux d'actions et de débats locaux.

Enfin, un contact est établi avec la Catalogne-sud où un comité attac vient de naître, avec lequel nous ne manquerons pas de nous concerter.

Pour ces groupes, s'adresser à :

Céret : Robert Majenti 06 81 12 71 31

Prades : Sophie D'Arthuys 04 68 05 34 34

Port-Vendres : Raymond GERBAL 0468823098

Dorres : Patrice Rénier : 04 68 05 65 44

Figueres : Joanjo PAVON 972-496245

Miquel MIRAS 972-594385

 

Les rendez-vous locaux :

* MERCREDI 27 SEPTEMBRE 2000

Journée d'information sur la mondialisation avec Mme Suzan George, présidente de l'Observatoire de la mondialisation

Le matin : Conférence aux lycéens au lycée du Clos Banet

A 17h à la librairie Torcatis de Perpignan, Dédicace de son livre " Rapport Lugano " suivi d'une conférence de presse.

A 20h30 à Cabestany, Salle ABET : Conférence et débat sur " Actualité et perspectives de la mondialisation"

* 14 Novembre à 20h30 3eme café citoyen attac66 au restaurant " La Sorcière", Place Rigaud à Perpignan

Thème : L'Economie Solidaire

Le point sur les adhésions :

Nous rappelons que les adhésions 2000 sont à faire parvenir, maintenant sans tarder, à Monique Galy, notre trésorière. Les tarifs des adhésions sont les suivants :

Chômeur/RMIste : 50F Etudiants: 100F

Actifs : 200F Associations : 500F

. Entreprises : 1000F

 

Il est à noter qu'au début septembre, seulement 95 adhésions étaient renouvelées pour l'année 2000 sur les presque 220 recensées à notre comité 66 jusque là. Nous adressons ce bulletin à l'ensemble des membres de notre liste dans l'espoir que chacun aura à cœur de poursuivre sa contribution au combat citoyen d'attac.

A VERIFIER AUPRES DE MONIQUE GALY NOTRE TRESORIERE !

Comité ATTAC 66 : Maison des Associations - 52 avenue Foch - 66000 Perpignan

 

% attac 66 s'adresse aux députés des P.-O.

Nous avons interpellé au début de l'été nos députés sur leur position sur le Plan d'Aide à la Recherche d'emploi (PARE) et sur l'Europe. (Extraits)

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Sur le PARE :

 

Messieurs les députés des Pyrénées Orientales,

Dans "Richesse et pauvreté" GEORGES GILDER (un économiste libéral et proche conseiller du président Reagan) écrit : " Dans le système de l'Etat Providence, l'argent n'est pas le fruit du travail de l'homme mais un droit que l'Etat accorde. Protestation et revendication remplacent diligence et discipline comme source de revenu. (…) Les plus fautifs ne sont pas les assistés mais les créateurs de ce monde clos de l'assistance sociale qui dissimulent aux pauvres, adultes et enfants les réalités les plus fondamentales de leur vie (… ) .Pour vivre bien et échapper à la pauvreté il faut tout faire, et travailler davantage que les moins défavorisés. L'aiguillon de la pauvreté est la chose la plus nécessaire aux pauvres".

Cette déclaration voudrait faire croire que le système de protection sociale issu de la période des 30 glorieuses (Etat Providence ) serait à jeter aux orties. Il aurait largement fait la preuve de son inefficacité, et de le remplacer par un système où l'individu par son travail son épargne réussirait mieux là où l'Etat aurait échoué, le financement de la couverture sociale reposant sur des arbitrages individuels si les revenus le permettent.

L'économie actuelle par la tyrannie et le désespoir qu'elle développe est en train de nous faire perdre le sens de "être, faire et vivre ensemble ", le sens du bien commun. La priorité est donnée aux itinéraires individuels (ma formation ma carrière ), aux stratégies de survie individuelle (un emploi à n'importe quel prix).

Ce mode de penser les relations économiques et sociales affirme que le pouvoir du marché doit être le dispositif principal de régulation de l'allocation des ressources, et de redistribution des gains de productivité entre les différents facteurs de production (capital travail ). La logique compétitive s'affirme comme un aboutissement inévitable, et présente la solidarité comme un coût insupportable pour les entreprises, rendant celles-ci sous optimales.

Oser s'opposer à cette évolution est considéré comme un acte d'aveuglement, d'inconscience.

Dans le nouvel ordre économique mondial le travail est réduit à une simple "ressource ". Dans une société marquée par le pouvoir de l'entreprise, les actifs cessent d'être des citoyens, des personnes, ayant des droits en tant que tels/telles : en tant que "ressources humaines ", leurs droits dépendent de leur rentabilité selon les critères fixés par l'entreprise. Leur rentabilité détermine leur droit à l'existence. Dès qu'elles cessent d'être rentables, elles peuvent être "licenciées ", mises de côté, laissées pour compte, abandonnées.

Aujourd'hui le sous emploi devient la règle, et si le chômage diminue sensiblement en France c'est au prix d'une montée fantastique de ce que l'on appelle le sous-emploi (chômage et emplois précaires non souhaités réunis ), cette situation concerne entre 7 et 8 millions de nos concitoyens (plus de un actif sur quatre ).

Ce mode de gestion de la force de travail se développe en France depuis la fin des années 70, avec la bénédiction des majorités gouvernementales successives : conservateurs et sociaux-démocrates réunis !

Des transformations majeures sont en train de mettre à mal le code du travail et le système français de protection sociale.

Le patronat français (de la grande entreprise aux PME réunies ) souhaite ne plus rémunérer ce que l'on appelle le non-travail (chômage, vieillesse, invalidité… ), parce que cela grèverait les coûts de production. Un discours construit sur des affirmations mensongères, et sur une vision erronée et très étriquée de la réalité économique et sociale.

Il faut cesser de croire ou de faire croire que le travail est un coût, au contraire il est une source de richesse, il sert au financement de l'activité des entreprises, selon le principe du circuit qui veut que chacun vive avec l'argent des autres.

Les réformes en cours de la protection sociale et du droit du travail par leur caractère antisocial, antidémocratique et antiéconomique, se posent aujourd'hui en ennemies de la citoyenneté (parce que génératrices d'exclusions ) et de la solidarité (parce que destructrices du lien social ).

L'association ATTAC 66 souhaite interpeller les quatre députés de la gauche plurielle départementale pour qu'ils se déterminent très clairement contre toute dérive menaçant le droit au travail, à la dignité et a la citoyenneté.

Nos concitoyens attendent que vous vous prononciez contre la réforme de l'UNEDIC.

Cette réforme qui entend substituer un système de solidarité collective fondé sur des droits acquis par la cotisation, par un dispositif qui subordonne le bénéfice de ces droits à l'engagement des chômeurs à un plan de recherche d'emploi, avec sanctions à la clé. Le dispositif vise à rendre les chômeurs responsables de leur situation, à déqualifier le travail, à le précariser davantage?

Chose d'autant plus inadmissible que l'on connaît les effets destructeurs du chômage sur ceux qui en sont les victimes. Les régressions imposées depuis des années à l'UNEDIC font que 42% des chômeurs ne sont plus indemnisés aujourd'hui en France, et 65% de ceux qui le sont touchent moins de 3500 francs par mois, la dégressivité de l'indemnité rend très vite impossible toute vie décente.

 

Sur la construction Européenne :

La France s'apprête à tenir la présidence d'une Union Européenne qui n'a jamais clairement défini un projet de société. Pour s'être soustraite à cette démarche, l'Europe est en train de construire, sans consultation démocratique sur le sujet, un modèle néolibéral à l'américaine avec son cortège d'inégalités, de pollutions et de déstabilisations sociales et culturelles des populations. Alors que cette situation devrait engendrer les thèmes prioritaires du débat politique, des questions secondaires encombrent notre actualité nationale.

Nous formulons ci-après deux questions qui nous semblent déterminantes dans ce contexte :

1 &endash; N'y a-t-il pas urgence pour l'Europe à se doter d'objectifs sociaux et écologiques volontaristes, clairement identifiés, mesurables et régulièrement mesurés (taux de pauvreté, répartition des richesses, pollutions diverses, etc.) qui rééquilibreraient les seuls objectifs économiques et financiers ?

2 &endash; N'est-il pas impératif et tout aussi urgent de doter l'Europe d'un espace judiciaire cohérent, efficace, déterminé et dénué des faux-fuyants nationaux afin de lutter contre l'argent sale, générateur d'horreurs et d'inégalités sociales ?

(Quel sort réserver à notre paradis fiscal de proximité : Andorre ?).

Quelles sont vos réponses personnelles à ces questions et quelles actions êtes-vous prêt à engager comme député pour les faire avancer ?

Nous ne manquerons pas, dans toute la mesure de nos capacités, de publier votre position sur ces différents points.

Perpignan le 28 juin 2000 / Le Comité départemental ATTAC 66

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Et voici, en substance, les réponses que nous avons reçues :

 

Christian Bourquin : " …et si je m'affirme comme un libéral au sens noble du terme, je réprouve fermement les multiples excès du capitalisme et de la société de consommation. "

" Le gouvernement a su vaincre le scepticisme de certains de nos partenaires européens encore imprégnés par l'idéologie monétariste. Si les idées des socialistes français progressent parmi leurs homologues européens, beaucoup reste à faire et il faut rester vigilant pour préserver nos acquis. A cet égard, je salue l'action de mouvements citoyens comme ATTAC nt su sensibiliser un grand nombrede citoyens sur des problématiques d'intérêt général trop souvent dénigrées par le discours ultra-libéral dominant. C'est pourquoi, j'ai souscrit au manifeste d'ATTAC . Je me réjouis d'ailleurs que Lionel Jospin envisage de proposer aux membres de l'Union une réflexion sur l'instauration de la taxe Tobin, et que le Ministre des finances rencontre prochainement une délégation d'ATTAC "

S'agissant de la lutte contre les paradis fiscaux : " Avant de penser à une possible harmonisation juridique européenne, il est nécessaire de réformer la justice en France "….

" … j'évoquerais les propositions du MEDEF qui sont à mon sens inacceptables puisqu'elles tendent à substituer une logique d'assurance personnelle à celle de solidarité qui prévaut dans l'indemnisation des personnes ayant perdu leur emploi. Au contraire le retour des excédents de l'UNEDIC doit contribuer à améliorer la couverture dont bénéficient les chômeurs. D'autre part, tout demandeur d'emploi doit bénéficier d'un service d'aide au retour à l'emploi dans les mêmes conditions. En revanche, je trouve normal qu'un demandeur d'emploi refusant une offre adaptée à ses compétences (ndlr :même sous payée ?) soit sanctionné. Mais (…) il n'est pas question de contraindre les chômeurs à accepter n'importe quoi. "

 

Jean Codognes : rien

 

Henri Sicre : " J'ai bien reçu votre courrier qui a retenu toute mon attention. Je ne manquerai pas de vous tenir informés des suites qui pourront vous être données "

 

Jean Vila : " Le patronat n'en finit plus de remettre en cause les acquis sociaux. Je suis de ceux qui pensent qu'il faut une meilleure couverture sociale du chômage que les excédents de l'UNEDIC permettraient d'assurer (…) Le gouvernement et la majorité plurielle ne peuvent accepter une telle régression sociale. Nous ne devons pas céder au chantage du MEDEF, qui exigera toujours plus au détriment des salariés et des précaires. Le gouvernement seul peut valider les accords de l'UNEDIC. Il y a là un moyen de peser sur les négociations. Il doit faire preuve de fermeté "

ATTAC 66

Un autre monde est possible

Association pour une taxation des transactions financières pour l'aide aux citoyens