Présentation
Historique
Documents
Le journal
Les statuts
Le conseil départemental
Rendez-vous
Contacts

Comité ATTAC 66

Bulletin d'information n°7/Novembre 2000

reproduction recommandée

 

L'actualité, c'est avant tout Nice, le sommet qui clôturera la présidence française aux destinées de l'Europe.

Que les membres et amis sympathisants de la Salanque et de Cerdagne comprennent que ces évennements occupent sérieusement le comité départemental, et que du fait, leur sollicitation pour des réunions d'information visant à donner un coup de pouce pour la création d'un groupe local ne peut pas être taitée immédiatement. Mais c'est biensûr avec un grand plaisir que nous constatons cette volonté de se réunir nombreux aux quatre coins du département.

Ci-après la lettre envoyée au seul député du département, M. Bourquin, ayant répondu à notre sollicitation concernant le vote au parlement du projet sur les plans d'épargne salariale.

Monsieur le député,

Nous sommes un groupe d'économistes de l'association attac 66 et nous souhaiterions vous soumettre certaines remarques que nous ont inspiré la lecture de votre courrier du 11 octobre 2000.Vous déclarez entre autre d'utiliser le PPESV (plan partenarial d'épargne salariale volontaire ) nous citons afin : d'assurer une orientation optimale de l'épargne salariale vers l'investissement productif.

Ceci nous amène à vous soumettre la problématique suivante : l'épargne est-elle oui ou non un préalable à l'investissement ? L'épargne et l'investissement s'ajustent-ils "ex-ante" (comme le pensent les économistes néo-libéraux ) ou "ex-post" (comme l'affirment les économistes keynésiens ) ? Certes au travers de cette problématique nous entrons dans un débat économique théorique, mais les réponses apportées à cette question sur un plan théorique ne sont pas sans conséquences sur les pratiques de la politique économique. Considérer que l'épargne est un préalable à l'investissement revient à supposer que l'épargne précède toute activité productive. A partir de là, reste à savoir d'où vient cette épargne ?

Une réponse largement partagée consiste à montrer qu'elle provient de l'activité productive, laquelle permet de dégager des revenus pour le capital et le travail. Ces revenus sont destinés à financer la consommation et l'investissement. Cela suppose que ce qui n'est pas consommé est investit. Si on en reste là, il va de soi qu'il est impossible d'accroître l'investissement sans réduire la consommation. Alors, dans ce cas de figure à quoi sert-il d'accroître l'investissement productif si la consommation régresse ? D'autre part, si cela était le cas, comment peut-on expliquer la croissance économique qui, au cours des siècles, a permis à une société telle que la nôtre, de connaître un fabuleux enrichissement ? Il a bien fallu financer les innovations, les nouvelles activités. Les historiens de l'économie montrent que très tôt les activités de crédit ont permis de financer des activités nouvelles. Ces opérations avaient la forme simplifiée suivante :

Crédit Þ investissement Þ production Þ revenus Þ consommation + épargne

Laquelle épargne permet de rembourser le crédit initial et de détruire la monnaie ainsi créée par le crédit. Par le crédit le banquier partage une partie du risque avec l'industriel. C'est une forme de partenariat entre la finance et la production, collaboration sur le long terme qui marque l'intégration du secteur financier dans les activités de production et qui donne sens et légitime socialement le travail du banquier. Ce risque, les marchés financiers refusent de le prendre en charge dans la mesure où ils ne s'intéressent pas au long terme. Ils sont essentiellement spéculatifs et privilégient la rentabilité immédiate au prix, bien souvent, d'un chômage croissant (pour accroître la rentabilité à court terme, il faut accroître la productivité et réduire les coûts et plus particulièrement les coûts salariaux donc l'emploi ). Donc, considérer l'épargne salariale comme un bon moyen de financer l'investissement productif est spécieux. C'est cette apparence de vérité que s'acharne à promouvoir le camp libéral. Promotion d'autant plus facile que la morale populaire valorise l'épargne comme un comportement de prudence et de saine gestion. Or, en référence avec le paragraphe précédent, abonder l'épargne spéculative par des sommes issues de la rémunération des salariés revient indirectement à scier la branche de (leur) emploi.

Pour vous convaincre, encore deux exemples :

1 ) L'économie américaine qui vient de fêter ses 10 années de forte croissance a un taux d'épargne de 0,5 %. La France se situe à 14 % de taux d'épargne dont une bonne partie est liée à une épargne de précaution directement liée à la peur du chômage.

2 ) Une question : comment le Conseil Général que vous présidez, pourrait-il financer ses investissements s'il devait compter sur le seul financement que lui procure l'épargne forcée que représente la fiscalité ?

Une alternative économique et sociale au modèle du marché global est possible, céder sur la question de l'épargne salariale c'est accepter le développement du monde de la finance au détriment de l'économie et de la société. Céder sur la réforme de l'UNEDIC, c'est ouvrir une large brèche dans le flanc des droits du travail. En laissant se dégrader le statut des chômeurs (en les rendant responsables de leur situation ) sous prétexte de faciliter un quelconque retour à l'emploi, on contribue à la poursuite de la dégradation du statut des salariés en emploi. La recherche du profit par certains ne peut être retenue comme procédure permettant réalisation du bien être commun et l'évolution des droits citoyens.

Tel est l'objet de notre démarche qui bien qu'incongrue, vise tout simplement à informer l'élu que vous êtes, ceci au nom des valeurs communes que nous partageons très certainement.

En espérant pouvoir vous rencontrer peut-être un jour, veuillez agréer Monsieur le Député l'expression de nos sentiments citoyens.

Fait à Perpignan, le 10 novembre 2000 Gérard GIRONELL - Robert MAJENTI - Hélène PONS

 

Autre sujet fort de l'actualité : Pourquoi faut-il s'opposer à la Charte européenne des droits fondamentaux ? (voir le document)

 

Les rendez-vous locaux :

* SAMEDI 2 DECEMBRE 2000

Journée d'information sur le sommet de Nice du 6/12/2000

* MERCREDI 6 DECEMBRE 2000

Rassemblement gigantesque à Nice

* SAMEDI 20 JANVIER 2001 ou SAMEDI 27 JANVIER 2001

ASSEMBLEE GENERALE

 

Le point sur les adhésions :

Nous rappelons que les adhésions 2000 sont à faire parvenir à Monique Galy, notre trésorière. Les tarifs des adhésions sont les suivants :

Chômeurs/RMIstes : 50F Etudiants: 100F

Actifs : 200F Associations : 500F

Entreprises : 1000F

 

Il faudra être à jour de sa cotisation 2000 pour prendre part au vote pour la composition du bureau et du comité départemental lors de l'assemblée générale fin janvier 2001.

Comité ATTAC 66 : Maison des Associations - 52 avenue Foch - 66000 Perpignan

ATTAC 66

Un autre monde est possible

Association pour une taxation des transactions financières pour l'aide aux citoyens