Accueil du site > Dossiers > Racisme et migrations > EXPULSION DE M. MODIBO SANFO LE 25 SEPT. 2006

EXPULSION DE M. MODIBO SANFO LE 25 SEPT. 2006

lundi 25 septembre 2006, par Nicola

EXPULSION DE M. MODIBO SANFO LE 25 SEPT. 2006 SUR DÉNONCIATION DE SON PATRON, M. ALEX GUICHERON MÉMORANDUM

Alerte donnée par Gilles Delatre et René Ygnard de ATTACGuadeloupe C ; Gilles ayant été informé par ses voisins, Mme Marie-Louise Oswald et son conjoint M. Dominique Arçon.

M. Modibo SANFO, citoyen burkinabé résidant en Côte d’Ivoire est artiste bronzier de métier.

Il est arrivé en janvier 2003 en Guadeloupe à l’instigation de M. Alex Guicheron de l’entreprise "SARL Production Ferronnerie Déco" qui a reçu à cet effet, l’accord de la Direction départementale du Travail, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle (DDTEFP) et l’autorisation de travail pour un an (pour M. Modibo Sanfo) délivrée par l’Office des Migrations Internationales (OMI).

M. Modibo SANFO, travailleur immigré régulièrement entré sur le territoire français s’est fait délivrer une carte de séjour valable un an, de juil. 2003 à juil. 2004. Cet titre de séjour sera renouvelé pour un an de juil. 2004 à juil. 2005.

Entre temps, dès avril 2004, comme un de ses collègues au sein de l’entreprise "SARL Production Ferronnerie Déco" M. Modibo SANFO a dû saisir le Conseil des Prud’hommes pour non paiement de ses salaires. Il va sans dire que cette démarche n’a pas manqué d’appeler en amont des réclamations auprès de l’employeur.

Entre autres ouvrages réalisés par M. Modibo SANFO pour le compte de "SARL Production Ferronnerie Déco", on signalera le buste de Charles Beauperthuy commandé par la ville de Ste-Rose (pour une valeur estimée à 60 000 €) et pour lequel M. Sanfo n’a pas touché un rond. En tout et pour tout, M. Sanfo aurait reçu de l’entreprise qui l’a fait venir en Guadeloupe, quatre fiches de paye d’un montant mensuel net de 1.143,36 € (de mai à août 2003) et un dernier d’un montant de 1.357,07 € du 30/09/05 au 30/09/05 ( !).

Pour subsister, M. Sanfo a dû se soustraire du travail forcé, du servage que lui imposait M. Alex Guicheron de "SARL Production Ferronnerie Déco", et aller offrir occasionnellement ses services à d’autres employeurs dont il détient les fiches de paye.

Reste que pour avoir exigé d’être payé..., dès après les quatre premiers mois de travail chez "SARL Production Ferronnerie Déco", et pour avoir saisi les Prud’hommes dès avril 2004, M. Sanfo s’est retrouvé sans un contrat de travail lui permettant de renouveler son titre de séjour au terme de l’expiration de celui qui courait de juil. 2004 à juil. 2005.

M. Alex Guicheron de l’entreprise "SARL Production Ferronnerie Déco" qui n’entendait ni payer les trois années de travail, ni se passer des services de son obligé dont il a par ailleurs confisqué le passeport, après l’avoir menacé devant témoin dans ces termes : « soit tu viens travailler pour moi, soit je te fais expulser », est allé le dénoncer comme travailleur clandestin hébergé par Mme Marie-Louise Oswald et M. Dominique Arçon.

La suite : La brigade mobile de recherche (BMR) est allée le "cueillir" le 25 sept. chez Marie-Louise Oswald et Dominique Arçon qui lui ont offert un toit depuis la fin août. Le vendredi 29 sept., M. Modibo SANFO était expulsé et mis dans un avion à destination d’Abidjan.

Un rectificatif par rapport aux premières informations : Mme Marie-Louise Oswald n’a pas été déférée devant le tribunal... Ne pouvant supporter la condition faite à M. Sanfo, elle s’est présentée au tribunal de Pointe-à-Pitreet a déposé une plainte auprès du procureur contre le sieur Alex Guicheron de l’entreprise "SARL Production Ferronnerie Déco" (voir copie de la plainte en annexe).

M. Alex Guicheron, à l’instar de tous les mafieux et autres patrons voyous qui peuplent la scène de la mondialisation libérale triomphante n’a pas manqué de lui adresser des menaces. M. Dominique Arçon et elle n’envisagent pas de baisser les bras. Ils entendent aller jusqu’au bout pour que M. Modibo Sanfo soit rétabli dans ses droits, et que le patron véreux Alex Guicheron soit jugé et sanctionné pour des pratiques dont M. Sanfo est loin d’être la seule victime.

Mme Oswald et M. Arçon ont besoin de notre soutien, celui du Collectif contre la xénophobie et pour le respect du droit des étrangers, celui de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), celui des organisations syndicales, des Associations de ressortissants africains résidant en Guadeloupe, celui des tous ceux qui voudraient que disparaissent pour de bon le travail forcé et les pratiques esclavagistes.

Ces informations ont été transmises aux responsables du Collectif contre la xénophobie et de la LDH dont la section de Guadeloupe reverra officiellement le jour le 28 oct. prochain. En attendant, la LDH se propose de prendre en charge cette affaire et d’introduire un recours en justice contre l’expulsion de M. Modibo Sanfo si celui-ci formule une demande d’assistance pour sa défense en justice. La LDH et le Collectif contre la xénophobie auront besoin de la mobilisation de tous.

Dans ce sens, une réunion est convoquée pour le mercredi 11 oct. 2006 à 18 heures au Palais de la Mutualité à Pointe-à-Pitre pour définir une stratégie d’action contre M. Alex Guicheron et son entreprise. Mardi 10 oct. 06 Georges Lawson-Body 3 ANNEXES :

1) Courriel de Gilles Delatre, militant de ATTAC qui, informé par Mme Marie- Louise Oswald et M. Dominique Arçon, sonne l’alerte : René En bref donc les faits : Marie et Dom ont donné asile à un Burkinabé en situation irrégulière, ce dernier s’étant retrouvé à la rue, abusé par un patron esclavagiste qui a conservé son passeport. Marie et Dom ont été dénoncé, vraisemblablement par "l’employeur". Marie a été déférée devant le tribunal. Après lui avoir annoncée qu’elle risquait gros, la juge s’est ravisée en entendant les arguments de Marie indiquant que ledit employeur continue ses pratiques ; qu’il a conservé les papiers du Burkinabé et ne l’a pas payé pendant trois ans. Ce dernier a été expulsé hier, je crois. Enfin voilà, ce couple (domino, lui Antillais, elle Métro) cherche du soutien, veut récupérer le passeport de leur ami burkinabé, que l’ esclavagiste soit condamné, que des citoyens de bonne volonté ne se retrouvent pas seuls devant la justice lorsqu’ils viennent en aide à des gens abusés, meurtris et sans aveu. Leur Tél. : 05 90 93 02 68. Même si cette affaire relève du Collectif contre la xénophobie et de la LDH, Marie pourra-t-elle participer à la réunion de mercredi ? Outre qu’elle aimerait beaucoup raconter son histoire et rencontrer une écoute bienveillante, elle semble intéressée par Attac... Salut et fraternité Gilles

2) Courriel de René Ygnard, président d’ATTAC-Guadeloupe aux membres d’ATTAC et du Collectif contre la xénophobie Le 30 sept. 06 à 18:37, René.Ygnard a écrit : Bonjour Sarah, je m’adresse à toi mais cela concerne tout le collectif, Gilles Delattre , militant ATTAC et futur adhérent au collectif, me signale le cas ci-dessous pour lequel je te demande, je demande à tous, conseils et aide, merci René Ygnard

4 3) Copie du courrier de Mme Marie-Louise Oswald et M. Dominique Arçon au Procureur de la République transmis ce 02/10/2006. Mr Arçon Dominique et Mme Oswald Marie-louise Impasse nègre Pliane, 97190 le gosier Tel : 05.90.93.02.68 Le gosier : 26 septembre 2006 Objet : dénonciation Monsieur le procureur de la République, Nous soussignés Mme Oswald née le 31 Mars 1972 et Mr Arçon né le 06 Aout 1964 aux Abymes tenant a vous informé des faits suivants : La société Ferronnerie déco dont le gérant est Mr Guicheron Alex fait subir a Mr Sanfo Modibo depuis son entrée légale sur le territoire guadeloupéen pour soi disant le faire travailler en tant qu’artiste bronzier par un contrat unique et exclusif en Guadeloupe, ne s’est jamais fait dans l’esprit de la dignité humaine. Hors Mr Sanfo Modibo est de nationalité Burkinabé, ne sait ni lire ni écrire et Mr Guicheron se rendant compte de cette faiblesse n’a fait que l’exploiter et même pratiqué de l’esclavagisme moderne à son égard. Mr Sanfo est rentré sur notre territoire en Janvier 2003, il a d’abord séjourné a l’hôtel 6 semaines, puis 3 mois chez nous, car Mr Guicheron Alex n’avais ni prévu son hébergement ni de quoi le faire travailler décemment au moment de son arrivée. Mr Sanfo durant près de 6 mois après son arrivée n’a jamais pu travailler dans des conditions correctes telles que Mr Guicheron c’était engagé à lui donnée au moment de la signature de son contrat de travail. Nous savons que durant les 2 années qui suivirent, Mr Sanfo a produit quelques 3 000 pièces de cire et de bronze et Mr Sanfo nous a dit qu’il ne lui a été donné qu’en guise de salaire la modique somme de 550 Euros sur 3 ans. Hors Mr Sanfo Modibo détient des papiers des prud’hommes comme quoi Mr Guicheron Alex lui doit la somme de 22.000 Euros. A ce jour dit, Mr Guicheron n’ayant jamais honoré sa dette vis-à-vis de ce messieurs, cet homme s’est retrouvé démuni en Guadeloupe sans salaire, sans papiers, sans couverture sociale et sans logement car l’attitude et les agissements de Mr Guicheron à l’égard de Mr Sanfo est tout simplement de l’exploitation humaine, d’esclavagisme moderne à son profit personnel. De ce fait Mr Sanfo est revenu à notre domicile, nous demandant gite et couvert, chose que nous avons accepté sans conditions ni rémunération, car tout simplement Mr Sanfo Modibo ne possédait plus rien, était à la rue, et avait faim. Nous connaissons déjà les exactions de Mr Guicheron qui à toujours été insolvable au point de vue des salaires de ses ouvriers qui ont un dossier aux prud’hommes à l’encontre de la société Ferronnerie Déco.

5 Mr Sanfo Modibo ayant trouvé refuge chez nous depuis 1 mois (25 aout 2006 au 25 septembre 2006 date de son arrestation à notre domicile) Mr Guicheron Alex sous des menaces diverses et variées lui demandant de retourner travailler pour lui en effaçant soi-disant le passé, chose que Mr Sanfo refusa explicitement car ayant 3 enfants et une femme à nourrir dans son pays, demandait les nouvelles conditions de son emploi et les arriérés de ses salaires impayés par la société Ferronnerie Déco. Mr Guicheron, gérant, refusa instantanément et le menaça de : « Sois tu reviens, sois je te fais expulser » en notre présence.

Chose qu’il à fait à la date du 25 septembre 2006 à notre domicile, dénonçant que Mr Sanfo Modibo résidait chez nous en situation irrégulière car Mr Guicheron lui-même volontairement n’a jamais fait en sorte de régularisé Mr Sanfo en lui donnant les fiches de paies et les papiers nécessaire à son titre de Séjour.

Mr Le Procureur, si nous vous écrivons ce jour c’est que nous savons que suite a cette demande d’expulsion de Mr Sanfo, c’est que Mr Guicheron souhaite réembauché un autre ressortissant étrangers d’origine Haïtienne et que Mr Sanfo faisant ombre a ce nouveau contrat devait partir pour que Mr Guicheron puisse reprendre un autre ressortissant en vue de lui faire subir certainement les même condition de travail tout cela suite a des contrat signé avec divers organismes de la région Guadeloupe.

Partant du fait que pour faire venir Mr Sanfo, Mr Guicheron à signé un contrat avec la DDTE lui donnant l’exclusivité d’un ouvrier artiste bronzier en vue de faire progresser sa société de ferronnerie.

Pour éviter que cette situation ne se reproduise nous tenons à vous alerter sur les agissements indignes d’un employeur sur le territoire guadeloupéen et bafouant toutes les lois française protégeant l’ouvrier étranger de ce patron sans scrupules. La société Ferronnerie Déco se cache derrière sa notoriété et profite de ses privilèges pour faire subir aux étrangers une situation précaire des conditions de vie et de travail indigne d’un être humain.

Suite à une réunion de famille entre nous (Mr Arçon, Mme Oswald, Mr Sanfo et Mr Guicheron) voyant que Mr Guicheron continuerai à exploiter Mr Sanfo, nous avons proposé de prendre Mr Sanfo dans notre futur société pour permettre à Mr Sanfo de s’en sortir. Entendant cela Mr Guicheron à préféré dénoncé Mr Sanfo aux autorités et le faire expulsé plutôt que de permettre à cet homme de travailler et gagner sa vie indépendamment de la société Ferronnerie Déco qui ne lui a apporté que misère et galères. Nous tenons à vous rappeler qu’à la base Mr Sanfo n’était venu en Guadeloupe que pour travailler et faire progresser la société de Mr Guicheron.

Nous vous prions, Mr le Procureur, de bien vouloir reconsidérer la situation de Mr Sanfo qui n’est qu’une victime dans les mains d’un homme sans scrupule.

Veuillez agréer Messieurs, l’expression de nos salutations distinguées.

Répondre à cet article