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Serge est mort de froid en dormant dans voiture parce qu’il faisait semblant d’aller au travail... La stigmatisation de l’échec dans la déviance méritocratique que nous inflige le projet capitaliste porte la haine de soi et la peur du regard de l’autre. Le froid n’est que l’arme du crime, la honte en est le bras, ceux qui portent le projet méritocratique sont les véritables meurtriers. La honte tue plus sûrement que le poignard ! Un jour, il faudra bien rechercher les meurtriers...
mercredi 16 janvier 2008, par Bruno
"Il", "un homme","Un chômeur", est mort de froid dans sa voiture à Bourgoin Jailleu, par une nuit fraîche mais pas polaire. Serge puisqu’"Il" avait un nom, une famille, et même une maison ne supportait pas l’idée du chômage et s’était inventé un nouvel emploi pour donner le change à ses proches. Une bise à sa femme le soir en partant pour ce qu’il pensait être la dignité : un emploi. Il en est mort.
Les media nous apprennent qu’"Il" s’était réfugié dans le mensonge et que n’ayant pas l’habitude de coucher dehors, le froid l’a tué ? Le froid ? Non ! le froid n’a été que l’arme du crime ! Peut on accusé un poignard de meurtre ou d’assassinat ?
Ce qui a tué Serge, c’est ce qu’il s’imaginait du regard des autres, de ceux qui l’aimaient et de tous les autres qu’ils n’aimaient pas spécialement mais que le projet de société libérale instrumentalise en autant de juges potentiels. Dans ce monde de compétition, celui qui échoue est flétri du sceau de l’infamie : Chômeur arnaqueur, chômeur fainéant, chômeurs coupable ! Chômeurs niés et dépersonnalisés à grand coup de statistiques anonymes et effroyables.
Quelle est donc la force assassine qui a poussé Serge à se réfugier drapé d’une honte mortifère à l’arrière de sa voiture ? Quelle est donc cette main impersonnelle qui a tenu l’arme du crime ? Est-il l’instrument de sa propre mort comme le laisse entendre ces media péremptoires qui implicitement le désignent comme maître de son mensonge ? Ne peut-on pas, ne doit-on pas considérer que Serge est mort frappé implacablement par le projet irresponsable et assassin de nos politichiens enragés et des grands capitaines d’industueries ?