La
6 ème édition du festival de cinéma d'Attac "Images
mouvementées"
se déroulera du mercredi 2 au mardi 8 avril, au cinéma les
7 Parnassiens dans le 14ème
Depuis sa première édition en 2003, l'objectif du festival est de poursuivre une mission d'éducation populaire en associant engagement citoyen et culture. Cette sixième édition du festival " Images Mouvementées " entend approfondir les nombreuses questions que suscite le renforcement actuel des frontières.
Seront proposés
:
- une quarantaine de films (documentaires et fictions, longs et courts-métrages)
décrivant et analysant ces questions en France, et dans le monde,
- de nombreux débats réunissant des représentants de l'ensemble
de la société civile : responsables associatifs, sociologues,
historiens, économistes, représentants syndicaux et, bien entendu,
cinéastes.
Face à la
banalisation du discours dominant présentant "naturellement"
l'étranger, comme l'Autre, le Dangeureux, le Délinquant potentiel,
le Voleur de travail, le Terroriste en puissance, rappelant les périodes
les plus sombres de notre histoire européenne, le festival veut participer
à la déconstruction de ces discours xénophobes.
Reconduite
à la frontière, centres de rétention, immigration choisie,
tests génétiques en vue d'un regroupement familial, autant de
mots d'un vocabulaire désormais banalisé en France qui témoignent
de l'instauration progressive d'une " xénophobie d'Etat ".
Jouant insidieusement des penchants xénophobes dispersés dans
le corps social, ce fait ne peut laisser indifférents les femmes et les
hommes attachés à un idéal de fraternité qui visent
l'abolition des frontières imaginaires ou instrumentalisées et
la reconnaissance de la multiplicité des cultures et des identités.
Partout, en Europe et ailleurs, les nations dressent des murs contre la libre
circulation des hommes alors qu'elles ont su, à certains moments de leur
Histoire, inventer des droits nouveaux tel le droit d'asile. Renoncer à
ce progrès universellement reconnu, c'est faire régresser l'Humanité
toute entière.
À partir de ce qui doit être envisagé comme une inquiétante
dérive, la sixième édition du festival " Images mouvementées
" entend approfondir les nombreuses questions que suscite le renforcement
actuel des frontières. Ce renouveau d'une xénophobie institutionnalisée
impose de se tourner vers le passé de la construction d'un Etat-Nation
dans lequel les valeurs universelles proclamées côtoient les mythes
fondateurs d'une Nation éternelle. Ainsi , le passé colonial de
la France, l'assimilation plus ou moins forcée de cultures régionales
spécifiques, la funeste " parenthèse vichyssoise " sont
autant d'occasions où le regard porté sur l'Autre est empreint
de sentiments et de desseins peu propices à satisfaire l'idéal
de fraternité. Or, il ne faut pas confondre la manière dont se
déroule l'histoire et la façon dont la Nation écrit l'Histoire.
Ce hiatus nourrit en partie la représentation que la France a d'elle-même
aujourd'hui, tout comme il présume ce qu'elle pourrait être demain
dans sa relation aux hommes de cultures différentes.
La France s'inscrit dans un contexte politique international qu'elle contribue
à modeler et dont elle ne peut méconnaître les enjeux présents
et à venir. La brutalité des changements imposés par la
mondialisation économique et financière et par l'instabilité
politique durable de certaines régions du monde conduisent des hommes
chaque année plus nombreux à se rapprocher de zones géographiques
plus prospères et moins tourmentées. Ils y sont désormais
rejoints par les premiers réfugiés climatiques. Ces mouvements
migratoires, guidés la plupart du temps par le désespoir, pousse
les nations riches à fermer leurs frontières et à sélectionner
les " bons " migrants au lieu de leur rappeler leur devoir de participer
à l'invention des futurs schémas de l'organisation sociale du
monde.
L'avenir du " vivre ensemble " des hommes et des peuples passe notamment
par le renforcement des sciences humaines et sociales quand la logique du "
tout économique " et le discours politique vulgaire les disqualifient
chaque jour davantage. En mêlant les paroles des sociologues, des anthropologues,
des historiens, des juristes et des acteurs de la résistance à
la xénophobie et au racisme, le festival " Images mouvementées
" tentera de montrer que la diversité des cultures subsiste malgré
l'uniformité à laquelle pousse la mondialisation des échanges
marchands, et qu'à travers l'acceptation de l'Autre dans sa différence,
c'est l'humanité dans son ensemble qui retrouve sa dignité. Au
retour idéologique de " l'identité nationale " en France,
opposons la richesse des identités sans frontières.