| Compte-rendu
de la réunion du groupe Croissance/Décroissance
le lundi 4 avril 2006
Compte-rendu de la réunion
Présents : Céline et Hubert (les hôtes),
Olivier et Sophie
Notre objectif : faire réfléchir les citoyens sur
leurs modes de vie, voire contribuer à les changer
Thèmes concernés :
- Croissance-décroissance
- Alter-consommation
- Consommation à bas-prix
- Responsabilité citoyenne
- Reconsidérer la richesse
- Expériences d’économie solidaire
Le titre du groupe reste à trouver. Croissance-décroissance
n’est pas satisfaisant.
Plan d’actions :
- Recenser les initiatives existantes ou possibles et les mettre
à disposition
- Aller à la conférence de Serge Latouche du 23
mai prochain et en faire un compte rendu
- Organiser une conférence
- Faire des fiches (indice du bonheur, le mécanisme de
la monnaie, initiatives d’économie solidaire à
Paris Nord Ouest, croissance/décroissance…) en vue
d’une diffusion
- Faire des fiches de lecture
Recensement d’informations :
- Livre d’Attac « Le développement a-t-il un
avenir »
- L’écologie politique à l’ère
de l’information, Jean Zin
- L’occidentalisation du monde, Serge Latouche
- site www.décroissance.info
- Site http://decroissance.free.fr/
- Wikipédia mot clé décroissance
- Site Action-consommation
Nécessité de creuser la polémique entre partisans
de la décroissance et partisans d’une croissance freinée
Tentative d’éclaircissement du différent
entre partisans de la croissance (Harribey et position « officielle
» d’Attac) et Latouche (décroissance)
par Olivier
Ce qui fait l’objet d’un consensus
:
- Sortir de la pensée unique affirmant que le bonheur passe
par plus de croissance et plus de consommation
- La croissance économique actuelle est insoutenable.
Elle a les effets pernicieux d’un virus ou d’une drogue
dure, elle est vectrice d’inégalités et d’injustice
et ne conduit qu’à un bien-être illusoire,
elle détruit parfois irrémédiablement les
ressources de la planète
- Le mot d’ordre de « développement durable
» est une illusion car basé sur le principe d’une
croissance infinie
- La baisse de la consommation en ressources naturelles est plus
que compensée par la hausse de la production (effet rebond)
- Il est absolument nécessaire de réduire de manière
drastique la croissance des pays du Nord et de stopper toute production
non respectueuse de l’environnement
- Cela passe par le changement radical des comportements citoyens,
la reconsidération de la richesse, la relocalisation des
productions, la réduction massive du temps de travail
Les divergences
Le point de vue de Serge Latouche et des objecteurs de croissance
:
- Décroissance ne signifie pas croissance négative
- La décroissance est un slogan pour une critique radicale
du développement, du totalitarisme économiciste,
développementiste et progressiste.
- Rompre avec l’ethnocentrisme ordinaire du développement,
l’impérialisme occidental de la colonisation et de
la mondialisation
- Sortir de l’économie
- Introduire la logique de croissance pour le Sud dans le but
de lui permettre d’accéder à l’eau,
aux soins et à l’autonomie alimentaire revient à
l’occidentaliser un peu plus
- La décroissance pour le Nord est une condition de l’épanouissement
de toute forme d’alternative pour le Sud.
- La décroissance pour le Sud c’est :
- la rupture avec la dépendance économique vis-à-vis
du nord
- la récupération d’une identité
culturelle propre
- la réintroduction des produits spécifiques
- la récupération des techniques et savoir-faire
traditionnels
- Il ne s’agit pas d’un retour en arrière mais
d’une synthèse entre tradition perdue et modernité
inaccessible
- Reconstruire / recréer de nouvelles cultures ou créativité
et ingéniosité sont libérées du carcan
économiciste et développementiste.
Le point de vue de JM Harribey :
- Il ne faut pas confondre productivité et productivisme,
développement et croissance, développement et économie
Confondre ces notions équivaut à oublier qu’elles
s’inscrivent dans une histoire capitaliste qui n’a
rien d’universelle
- C’est le modèle capitaliste qui conduit aux outrances
et à l’absurdité de la société
actuelle de croissance.
- Mais économie et productivité existent en dehors
de l’imaginaire capitaliste occidental
- Plutôt que de critiquer l’économie et le
développement en tant que tels il faut critiquer le système
capitaliste et ses rapports sociaux.
- Distinguer radicalement la croissance (quantitative) et le
développement (qualitatif) qui a pour objectif amélioration
du bien-être et épanouissement des potentialités
humaines. Distinguer valeur d’usage et valeur d’échange.
Repenser la finalité du travail
- Il est possible de penser le développement de façon
décorrélé de la croissance, de l’envisager
comme affectant les gains de productivité à la réduction
du temps de travail et des inégalités, sans dégradation
des conditions de travail et de la nature
- Le mot d’ordre de décroissance ne peut s’appliquer
à la fois aux pays pauvres qui manquent de l’essentiel
et au pays riches qui regorgent de tout.
- Dans les pays riches il faut enclencher une décélération
de la croissance puis une décroissance sélective
- Les pays pauvres ont droit à un temps de croissance économique
pour leur permettre d’accéder aux droits universels
(eau, soins, éducation et démocratie).
- Définir ces droits universels comme essentiels n’équivaut
pas à avaliser la domination de la culture occidentale.
Prochaine réunion à définir début
juin
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