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Filtrona ferme
MIS EN LIGNE LE 29 avril 2005
Filtrona
Le personnel de Filtrona Suisse S. A. a été informé le 15 avril dernier que le groupe Bunzl/Filtrona avait pris la décision de fermer le site de Crissier. Les premiers licenciements auront lieu en juin 2005.
Depuis le rachat de Fibertec Baumgartner par Bunzl Filtrona, les salariés du site de Crissier ont dénoncé la politique menée par la multinationale anglaise : appropriation du savoir faire et des machines dans le seul but de détruire le dernier concurrent sur le marché des filtres à cigarette. Bunzl avait donné 18 mois au site pour améliorer sa rentabilité. Au terme de ces 18 mois, sans avoir permis au personnel en Suisse d’intervenir sur la marche des affaires, la décision de fermer ne surprend pas. Depuis le rachat, l’avenir du site était décidé. Le mouvement de grève de décembre 2004 à janvier 2005 avait pu démontrer le refus de la multinationale d’entrer en discussion pour le maintien du site. A aucun moment, Bunzl n’a donné une chance de survie à Filtrona Suisse S. A.
Les salariés se demandent aujourd’hui quelle est la réaction du groupe Baumgartner qui avait assuré que l’acheteur choisi garantirait l’avenir des postes de travail.
La procédure de consultation légale en raison du licenciement collectif a debuté. Les salariées et salariés ont un mois pour faire des contre-propositions afin de sauvegarder les emplois à Crissier : avec le syndicat comedia, ils et elles s’engageront activement dans cette procédure et attendent des autorités qu’elles veillent à ce que cette consultation ne soit pas un exercice alibi.
Les employé-e-s du secteur emballage/reliure qui tenait conférence le lendemain de l’annonce ont lancé l’appel suivant :
« Les participantes et participants à la conférence en appelle à toutes les autorités, à tous ceux et celles qui peuvent exercer une influence à l’intérieur ou l’extérieur du groupe, afin que leur engagement et leur soutien aux salariées et salariés soit sans faille. L’objectif de sauver des emplois est encore d’actualité. Il s’agit simultanément de prévoir les mesures d’aide aux personnes qui seront licenciées et de façon plus générale, de ne pas faciliter la tâches des vautours capitalistes. Un engagement fort des autorité sera un signal pour toutes les autres multinationales qui, par le profit alléché, voudraient développer des scénarios du même type.
Les manifestations de solidarité ne doivent non plus pas faiblir. En Suisse, en Europe et dans le monde, il s’agit de jeter l’opprobre sur le groupe Bunzl qui s’est fait une spécialité dans le domaine des restructurations, afin que si la fermeture de Filtrona Suisse a tout de même lieu, elle lui coûte beaucoup, notamment en terme d’image de marque. La résignation et le fatalisme face à la soi-disant loi naturelle du marché doivent cesser. Les entreprises, qu’elles soient d’envergure nationale ou multinationale, doivent réapprendre - de gré ou de force - à tenir compte des intérêts de la société civile et des salariées et salariés. »
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